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Les édifices religieux au Moyen-Âge, œuvres d'art et de foi

 

01/08/2020 :  756 photos dont 7 photos numérisées


 

En Europe, au Moyen-Âge, les croyances imprègnent tous les actes de la vie et à partir du X° siècle, on assiste à un essor sans précédent du nombre d’édifices religieux. Les réformes monastiques successives font se multiplier les abbayes, c’est aussi l’époque où se construisent et se reconstruisent les cathédrales et où s’autonomisent la plupart des paroisses rurales groupées autour de leur église. Cet élan de construction donne naissance, aux X° et XI° siècle, à l’art roman puis à partir du XII° et XIII° siècle, à l’art gothique. Comment ces édifices, qui nous impressionnent toujours aujourd’hui par les qualités artistiques de leur construction ou de leurs décors, sont-ils le reflet des préoccupations du temps ? Quel est à l’époque le sens de ces œuvres d’art ? Quelle expression de la foi permettent-elles ?

Abbayes, églises et cathédrales sont des bâtiments au service de la foi à plusieurs niveaux.

Elles attestent déjà de l’ampleur de celle-ci par leur taille, le temps qu’il fallait consacrer à leur édification compte tenu des moyens techniques de l’époque, par leur coût qui alimentait l’économie de toute une région, mais nécessitait de rassembler des capitaux considérables et des artisans de talent. Ces aspects sont autant de moyens utilisés pour témoigner à Dieu du respect des hommes et de leur reconnaissance. Leur élévation qui ne cesse de progresser (de l’art roman à l’art gothique par exemple) marque la volonté de se rapprocher de Dieu, mais aussi de créer une atmosphère magnifiée par les jeux de lumière à partir du moment où vitraux et rosaces éclaireront des vaisseaux de plus en plus hauts et de plus en plus lumineux. De cette architecture doit émaner une force émotionnelle capable d’exprimer dans la matière, ou par la lumière, la puissance divine et les valeurs d’espérance et d’éternité du message chrétien, la clarté donnant en même temps une image de paradis.

Ce sont aussi des moyens d’enseigner la foi, de l’approfondir ou de la conserver. Leur décor est un des moyens privilégiés d’édification de la foi des fidèles.

La vie au Moyen-Âge est marquée en permanence par une confrontation directe avec la mort (espérance de vie moyenne : 30/35 ans), et une des premières fonctions de la religion chrétienne est d’apporter l’espérance d’un au-delà souriant après la mort pour tous ceux qui l’auront mérité. Les tympans sculptés à l’entrée des églises ou cathédrales figurent ainsi souvent le jour du jugement dernier pour le rappeler au croyant, ou le mettre en garde si sa vie ne respecte pas les consignes de l’église. Les sculptures des chapiteaux romans ont ainsi eu pour fonction, pendant plusieurs siècles, d’enseigner les vices ou les vertus ou d’effrayer les fidèles avec leurs monstres figurant Satan. Pour certains historiens, ces sculptures avaient un pouvoir prophylactique et protégeaient la communauté. Les décors racontent aussi dans la pierre ou en peinture les différents épisodes de la Bible, de la vie de Jésus ou des Saints.

Eglises et cathédrales  sont des édifices destinés d’abord aux pratiques religieuses, et leur organisation correspond aux besoins de celles-ci et de leurs évolutions. Leur plan et leur agencement se complexifient donc au fur et à mesure de l’évolution des pratiques mais sont aussi symboliques.

Toute l’organisation des monastères et des abbayes gravite par exemple autour du cloître qui, accolé à l’église, constitue le centre de la vie communautaire et symbolise à la fois la clôture des moines et la perfection de la vie à laquelle ils aspirent. Même lorsque les monastères acceptent l’entrée de fidèles à l’intérieur de l’église, il y a une séparation stricte entre les moines et ceux-ci par l’usage de portes d’entrée dans l’église séparées, et parfois même la présence d’une barrière réelle, le jubé. Le plan en croix de la plus simple des églises rappelle la croix du Christ et l’autel où se déroule la messe, à la croisée de la nef et du transept, permet aussi de séparer le chœur réservé au clergé de la nef réservée aux paroissiens. Les reliques des saints sont en principe conservées sous l’autel, et au fur et à mesure que le culte des saints s’impose et rassemble un nombre de plus en plus considérable de fidèles, les déambulatoires se développent autour du chœur pour permettre la procession des fidèles autour des reliquaires. De la même manière, sous l’influence de Cluny (fin du X° siècle), se développe le culte des défunts, et les autels vont se multiplier pour pouvoir célébrer plusieurs offices en même temps. Parallèlement, les églises vont se voir adjoindre de multiples chapelles pour célébrer la mémoire des principaux donateurs.

L’embellissement des églises et l’évolution des styles architecturaux correspondent à la volonté de bâtir des édifices toujours plus parfaits pour servir la foi et la répandre. L’art roman correspond plutôt à l’influence des communautés monastiques organisant l’espace rural, alors qu’à l’essor urbain qui s’amorce à partir de la fin du XI° siècle, correspond plutôt l’art gothique lié aux grands chantiers des cathédrales, mais le passage de l’un à l’autre se fait progressivement et dans de nombreux édifices cohabitent diverses influences. De la même manière, chaque réforme religieuse est l’occasion de débattre et de traduire dans la pierre les grandes préoccupations de leurs penseurs. On peut ainsi opposer la simplicité des formes ou du décor des cisterciens ou des mendiants voulant affirmer la simplicité comme valeur, aux recherches de faste et de grandeur des clunisiens ou du gothique, mais au-delà de ces courants artistiques, l’important est de replacer ces édifices religieux dans un contexte général où le rapport avec Dieu s’exprime dans le travail, que ce soit celui des moines cultivant et/ou priant, ou dans celui nécessaire à l’édification de ces œuvres d’art qui sont d’abord en leur temps une offrande à Dieu avant d’être des œuvres d’art, l’art étant en lui-même un moyen de se rapprocher de Dieu ou de mieux le servir.


Vierge à l'enfant XVII° (Eglise Notre-Dame-de-Beauvezer 13140 Miramas le vieux) France
[NU002d-2016-0276] Vierge à l'enfant XVII° (Eglise Notre-Dame-de-Beauvezer 13140 Miramas le vieux)
F - 11 - Fontfroide - Abbaye cistercienne
[NU002f-2016-0360] 11 - Fontfroide


[NU002d-2016-0276] Vierge à l'enfant XVII° (Eglise Notre-Dame-de-Beauvezer 13140 Miramas le vieux)

Dédiée tardivement à Saint Vincent, l'église Notre-Dame-de-Beauvezer, construite au centre de la cité fortifiée, à proximité du château seigneurial, date probablement du XV° siècle.

Au-dessus du portail, une statue mutilée de la vierge à l'enfant datant du XVII° siècle est surmontée d'un écusson aux armes de l'abbaye de Montmajour, Deux clefs papales posées en croix, qui détenait les droits sur le village au Moyen-Âge.


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Sources

 

Textes :

Les édifices religieux au Moyen-Âge, œuvres d'art et de foi, Gilles Sabatier

Miramas-le-vieux, Les plus beaux villages et sites de France

 

Photos numériques :  2016, 2018

(en-tête : [NU001a-2018-0004] Détail des voussures du portail central de la façade Ouest

de la Cathédrale Saint-Étienne (F 89000 Auxerre))