Djama, l'ancienne Zama Major, à 44 kilomètres au Nord-Est de Makthar, est située dans le territoire des Ouled-Aoun, à l'ouest de l'oued Siliana. Cette ville était alimentée à l'époque romaine par les eaux de l'Aïn Djebour, située à cinq kilomètres au sud-ouest de Djama et au nord du djebel Massouge. Le débit de cette source est actuellement très réduit ; cela tient sans doute à son mauvais état d'entretien.
Ses eaux étaient amenées à Djama par un aqueduc presqu'entièrement détruit aujourd'hui et dont il est souvent difficile de retrouver la trace. A deux kilomètres à l'ouest du village de Djama, on en retrouve cinq arches en grand appareil, à la traversée de l'oued El-Khafès. Il n'a pas été possible de mesurer les dimensions du canal de l'aqueduc, qui a complètement disparu.


L'aqueduc alimentait à Djama trois grandes citernes. Elles sont complètement ruinées et inutilisables. Leur capacité totale était d'environ 28 000 mètres cubes, ce qui en fait un ouvrage relativement important. Elles comprennent trois compartiments accolés de 100 mètres de longueur et de 15 mètres de largeur ; l'épaisseur des murs de séparation, qui sont en blocage, ainsi que le reste de l'ouvrage, est de 1,20 mètre. Elles sont comblées et les indigènes y cultivent l'orge comme dans les champs environnants.
A l'intérieur du village de Djama existe une source captée jaillissant dans un nymphée complètement ruiné aujourd'hui. C'est là que ses habitants  s'approvisionnent en eau.

C'est une fontaine profonde à laquelle on accède par des rampes et des escaliers, encaissés entre des murets de pierre sèche, qui descendent en tournant vers la bouche d'eau et le bassin abrités sous une haute voûte sonore. Le plan n'est pas classique et le bassin construit en très gros blocs est certainement pré-romain ; l'ensemble est à rapprocher du nymphée hellénistique de Glanum, près de Saint-Rémy-de-Provence. Or les auteurs antiques rapportent qu'il y avait à Zama une fontaine qui rendait la voix plus sonore. On est ainsi amené à se demander si l'actuelle fontaine de Jama n'est pas la fontaine merveilleuse de Zama.  Il est vraisemblable que cette fontaine remarquable abritait une divinité (Hathor Miskar puis Neptune).

La bataille de Zama fut, en 202 avant l'ère chrétienne, un affrontement décisif de la deuxième guerre punique. Elle vit s'affronter les armées romaines d'une part, dirigées par Scipion l'Africain et le roi numide massyle Massinissa, et carthaginoises d'autre part, dirigées par Hannibal et l'autre roi numide massaesyle Syphax, qui y perdirent la guerre.

 



Les principales voies de communication romaines

Djama (Zama Regia) - Henchir Mdeïna (Althiburos) -  Zanfour (Assuras) - Ellès - Makthar (Mactaris) - Ksour Abd-el-Melek (Uzappa) : Les voies de communication romaines

Djama (Zama Regia) - Zanfour (Assuras) - Ellès

Henchir Mdeïna (Althiburos)- Makthar (Mactaris) - Ksour Abd-el-Melek (Uzappa)


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Sources

Textes :

Note sur le culte de l'eau en Afrique, Claude Bourgeois, Bulletin Monumental, tome 151, n°1, 1993

Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, M. Drappier, Tome III, Imprimerie Rapide, 1899

Bataille de Zama, wikipedia.org

 

Carte :

Digital Atlas of the Roman Empire, Lund University, Sweden

 

Photos : 1983