La cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge de Milan (ou Duomo di Milano, en italien) est située sur la piazza del Duomo, à Milan, en Italie. Dédiée à la Nativité de Marie (Santa Maria Nascente), elle est le siège de l'archevêque de Milan. La cathédrale a pris près de six siècles à être achevée.


C'est la troisième plus grande église du monde (et la deuxième plus grande cathédrale gothique) après la basilique Saint-Pierre et la cathédrale Notre-Dame du Siège de Séville.


À l’endroit où se dresse aujourd’hui le Duomo, se dressait autrefois la cathédrale Santa Maria Maggiore construite au V° siècle, où fut baptisé Augustin d'Hippone (saint Augustin) et la basilique Santa Tecla. Elles furent détruites en partie par un incendie en 1075. Après l’effondrement du campanile, l’archevêque Antonio de Saluzzi, soutenu par la population, prévoit la construction d’une nouvelle et plus grande cathédrale (en 1386), à l'endroit même du plus antique cœur religieux de la ville. Les travaux démarrent tout d’abord par la destruction, dans un premier temps, de la cathédrale Santa Maggiore, puis dans un second temps de la basilique Santa Tecla entre 1461 et 1462 (en 1489 cette dernière sera partiellement reconstruite puis définitivement démolie en 1548).

 

La construction du « Duomo » a commencé en 1387. Les premiers chantiers concernent l’implantation de profondes fondations pour les piliers destinés à soutenir l’édifice. Le matériau utilisé pour la cathédrale sera le marbre de Candoglia. L’édifice de style gothique comporte une grande nef avec deux collatéraux, un transept à trois nefs et un chœur entouré d’un déambulatoire avec un chevet à trois pans. Les piliers qui supportent les voûtes et séparent les nefs sont au nombre de 52, soit autant que de semaines dans l’année. La croisée du transept est surmontée de l’imposante tour-lanterne. La structure est soutenue par une forêt de contreforts triangulaires, couronnés par des flèches. L’abside est achevée au 14° siècle, le maître-autel consacré en 1418. Mais les travaux de la nef et de la façade vont s’étaler jusqu’en 1813… Les flèches et décorations architecturales seront achevées en 1892.


Milan - Duomo : Plan - Italie - Cathédrale de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge
Milan - Duomo : Plan

 

 

Quelques mesures du Duomo

 

Hauteur maximale : 108,50 mètres
Hauteur de la Madonnina : 4,16 mètres
Hauteur de la façade centrale : 56,50 mètres
Hauteur de la nef principale : 45 mètres

 

Longueur extérieure : 158 mètres
Longueur intérieure : 148 mètres
Longueur de la façade principale : 67,90 mètres

 

Largeur interne des 5 vaisseaux de la nef : 57,60 mètres
Largeur extérieure : 93 mètres
Largeur intérieure : 66 mètres

 

Superficie interne : 11 700 m²

 

Nombre de colonnes intérieures : 52
Nombre de flèches : 135
Nombre de statues : 3 400 dont 2 300 à l’extérieur

       (sans compter les demi-figures dans les

        embrasures des fenêtres, les 96 gargouilles et les

        hauts-reliefs)

 

Hauteur des colonnes intérieures : 24 mètres
Diamètre des colonnes intérieures : 3,40 mètres


La façade

 

L’actuelle façade est le résultat de vicissitudes pluriséculaires qui comportèrent de nombreuses interruptions des travaux et revirements stylistiques. Les portails et deux des grandes verrières inférieures remontent aux premières décennies du VII° siècle et furent réalisées par Fabio Mangone et Francesco Maria Ricchino dans le style qui s’inspirait de l’architecture de la Rome du XVI° siècle. Les deux autres grandes verrières et le balcon central, réalisés en un second temps, renvoient eux aussi au même style. Les reliefs des plinthes et quelques télamons, seules œuvre du projet de Carlo Buzzi qui furent réalisées, datent de la moitié du XVII° siècle. La partie supérieure de la façade, œuvre de Carlo Amati et Giuseppe Zanoja de 1813, reprend le Gothique. Elle est caractérisée par les trois grandes verrières ogivales, par les contreforts saillants qui aboutissent aux flèches et par les falconature complétant le sommet.


Divisée par les contreforts en cinq portions correspondant aux nefs intérieures, la façade est enrichie par des œuvres sculpturales de différentes époques ; parmi elles, s’élèvent les télamons ainsi que les grandes statues néoclassiques des prophètes et des apôtres, les hauts-reliefs des tympans et la porte centrale en bronze.


Les lésènes latérales des cinq portails de marbre monumentaux du XVII° siècle sont richement décorées d’éléments végétaux et animaux à forte valeur symbolique. Les hauts-reliefs artistiques situés dans les tympans représentent des personnages bibliques féminins ; ils furent sculptés à partir des dessins de Giovan Battista Crespi Il Cerano. Les portes en bois ont été progressivement remplacées au XX° siècle par des battants en bronze. Tous d’abord, en 1908, fut réalisée la porte centrale de Ludovico Pogliaghi, en style éclectique et aux réminiscences gothiques. Puis, autour des années 50 et 60, ce fut au tour des quatre portes latérales, œuvres de divers sculpteurs.


Falconature : Élément décoratif situé sur la partie la plus élevée d’un édifice, caractéristique de l’extérieur du Dôme, présent sur la façade, les côtés, le transept et l’abside.
 


Les nefs

 

Des cinq nefs, la centrale est particulièrement imposante, sa largeur est double par rapport aux latérales tout en les dépassant légèrement en hauteur ; elle se termine, au-dessus des arcs de chaque travée, par de petites fenêtres.


Sur les côtés, s’ouvrent de hautes fenêtres aux vitraux historiés, dont certains sont antiques et précieux. Sous les grandes verrières se trouvent autels, tombeaux et pierres tombales, tandis que le baptistère est situé dans une nef latérale, à l’entrée de la cathédrale. Les pylônes sont couronnés de splendides chapiteaux enrichis par un grand nombre de statues de saints et martyrs.


Les vitraux

 

Les grandes verrières du Dôme sont toutes dotées de vitraux polychromes historiés, selon l’usage typique du Gothique. Elles narrent les épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament, la vie de Marie et des saints.


Les vitraux les plus anciens, des XV° et XVI° siècles, réalisés en pâte de verre colorée, présentent un style figuratif typique de la Renaissance. Au XIX° siècle, les vitraux furent produits selon la technique de la peinture sur verre qui permettait une gamme chromatique plus variée, en dépit cependant de la transparence. Les trois plus grands vitraux absidaux en sont l’exemple le plus significatif. Les œuvres plus récentes du XX° siècle ont repris la technique plus ancienne et traditionnelle.

 

Les trois parois absidales sont caractérisées par de grandes verrières dont les vitraux polychromes ont été refaits au XIX° siècle par Giovanni Battista Bertini et fils.

 


Les grandes orgues

 

L’histoire des grandes orgues de la cathédrale remontent au début de sa construction, à la fin du 14° siècle.

On sait la présence d’un Positif dans le chœur pour accompagner la liturgie. En 1395, le frère Martino de STREMIDI construisit un orgue placé sur la façade Nord du chœur. Cet instrument sera déplacé dans le transept Nord au milieu du 15° siècle. Il sera reconstruit en 1490 par Bartolomeo ANTEGNATI, fondateur de l’illustre famille de facteurs de Brescia actifs en Italie jusqu’en 1710.

 

En 1540, Gian Giacomo ANTEGNATI, le fils de Bartolomeo, construit un orgue neuf, en remplacement de l’orgue de 1395. Cet instrument placé à l’origine à l’emplacement du précédent dans le transept Nord, est transféré en 1550 sur le côté évangile (Nord) du chœur, à l’emplacement actuel. Les grands volets mobiles côté chœur sont peints en 1564 par Giuseppe Media et ceux du côté déambulatoire Nord par Camillo Procaccini en 1600.

 

Entre 1584 et 1590, le facteur lombard Cristoforo VALVASSORI a construit l’orgue du côté épitre, dans un buffet jumeau de celui d’ANTEGNATI, face à ce dernier, dans son emplacement actuel. Ces deux instruments basés sur un jeu de 24’ ne possédaient chacun qu’un seul clavier de 50 notes. Les volets côté chœur de ce second orgue sont peints en 1590 par Ambrogio Figino et ceux côté déambulatoire Sud en 1600 par Camillo Procaccini.

 

L’orgue de l’évangile a été reconstruit en 1842 par les frères SERASSI de Côme (Lombardie).

L’orgue de l’épitre a été restauré une première fois en 1825 par le facteur Eugenio BIROLDI de Varèse (Lombardie) puis une seconde fois en 1876 par Pietro BERNASCONI de Varèse avec son fils Luigi qui ajoutèrent un second clavier d’Echo expressif.


Les pavements

 

Le pavement en marbre est caractérisé par un dessin, œuvre de Pellegrino TIBALDI, particulièrement décoratif et élégant. Sa pose, commencée en 1585, se poursuivit des siècles durant et ne prit fin qu'au début du XX° siècle. Les blocs de marbre blanc rose de Candoglia sont marquetés de noir de Varenna et du rouge d'Arzo.

 


Milan - Duomo : Statue de saint Barthélemy (Marco d'Agrate, 1562)
[NU908-2015-0749] Milan - Duomo : Statue de saint Barthélemy (Marco d'Agrate, 1562)

 

 

 

 

 

La statue de saint Barthélemy

 

La statue de saint Barthélemy martyr, de 1562, est connue pour le fait singulier qu'elle représente un homme entièrement écorché qui, encore vivant, porte sa propre peau sur son bras.

 

L'auteur, Marco d'Agrate, ne s'estimait pas inférieur au grand Praxitèle (comme le déclare l'épigraphe gravée sur la base) bien que son œuvre est davantage considérée - artistiquement parlant - comme un bon essai d'anatomie.


Milan - Duomo : Chapelle de saint Jean le Bon (fin XVII°, début XVIII°)
[NU908-2015-0747] Milan - Duomo : Chapelle de saint Jean le Bon (fin XVII°, début XVIII°)

 

Chapelle de saint Jean le Bon

 

Le grand autel du transept méridional fut érigé entre la fin du XVII° siècle et le début du XVIII° siècle en l'honneur de l'évêque Giovanni Bono qui vécut au VII° siècle. Il avait rétabli à Milan le siège épiscopal qui avait été abandonné par ses prédécesseurs en raison de l'invasion lombarde. La statue du Saint est l’œuvre d'Elia Vincenzo Buzzi (1763).


La crypte et le Scurolo de saint Charles

 

La crypte ou coro jemale est une chapelle à section circulaire projetée au XVI° siècle par Pellegrino TIBALDI, au centre de laquelle est situé l'autel qui renferme les reliques de quelques saints martyrs. Autour de l'autel, huit colonnes en marbre polychrome précieux soutiennent une complexe couverture décorée au stuc, tandis que sur la paroi périmétrale se trouve le cœur en bois.

 

Le Scurolo, chapelle à section polygonale, fut conçue en 1606 par Francesco Maria Ricchino. Sur un autel d'argent ciselé est située l'urne en cristal de roche et argent, dessinée par Giovan Battista Crespi et contenant les reliques de saint Charles.

 

Décédé le 3 novembre 1584 (à 46 ans), Charles Borromée fut enterré dans sa cathédrale de Milan, et canonisé en 1610. Il avait été aimé et respecté par son peuple, pour son amour de l’Église, sa compétence, l’estime qu’il avait du savoir et des arts, et enfin et surtout pour son humilité et sa bonté.
 


Sur les toits du Duomo

 

Le Duomo est orné de 135 flèches d'une extraordinaire finesse, et d'un nombre impressionnant de statues de marbre blanc (près de 2 250 au total !) pleines de grâce et d'élégance. Vous pourrez les admirer en montant sur les toits. Au sommet, le « Tiburio », haute flèche de 108 mètres, est surmonté d'une statue dorée de la Madonnina (1774). Parmi pinacles, arcs-boutants et statues, les terrasses offrent un superbe panorama sur la ville et, par temps clair, sur les Alpes.

La Madonnina est le nom donné à une sculpture dorée représentant la Vierge Marie placée au plus haut sommet du Dôme de Milan, une flèche construite en 1769.

 


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Sources

 

Textes :

Dôme de Milan, fr.wikipedia.org

Dôme, Cathédrale de Milan, Giogio Carradori, NOUS srl, 2012

L’orgue Tamburini/Mascioni (1938) de la cathédrale  (Le Dôme) de Milan (Italie), orguesfrance.com

Madonnina (Dôme de Milan), fr.wikipedia.org
Saint Charles Borromée, voiemystique.free.fr

Terrasses de la cathédrale de Milan, voyages.michelin.fr

 

Plan :

Plan-of-the-Milan-Cathedral, es.wikipedia.org

 

Photos numériques :  2015