Le tourisme d'été est plutôt décevant : hors des zones de haute montagne (Telmet, Chelia, etc.), la chaleur peut être accablante et les lointains restent masqués par une brume permanente peu favorable aux photos. En hiver, les journées sont courtes et la circulation peut être rendue très difficile par la neige des cols, les pluies d’orage, la montée brusque des eaux d’oued, les boues stagnantes ...

 

Ce sont les demi-saisons qui sont les plus propices à la découverte des charmes des Aurès : le printemps (février-avril) offre des horizons très dégagés, aux crêtes soulignées par la neige, des vergers en pleine floraison (où contrastent les violets et les blancs) et des couchers de soleil féériques... L’automne (septembre-novembre), moins fréquenté, souligne le contraste du ciel et des nuages, les tons dorés de la végétation, la plénitude de la vie rurale (avec, dans le Sud, la cueillette des dattes). Quand le soleil se cache, il fait froid, en toutes saisons, au-dessus de 1000 mètres ; il ne faut donc pas oublier le lainage indispensable !

 

La couleur du ciel et des roches, les jeux de lumière sur les reliefs ou dans les gorges, font des Aurès le paradis du photographe.


 

Il y avait encore au XIX° siècle des lions et des panthères sur le versant saharien des Aurès. Il est très rare aujourd’hui d'y apercevoir un lynx ou un mouflon. Par contre, le chacal, le fennec et la gazelle y sont assez communs. Une série de timbres-poste présentait, fin 1982, comme des espèces en voie d'extinction : l’ibis chauve, l'aigle des steppes, le gypaète barbu et l'outarde houbara. La chaleur et l’aridité voient subsister des rongeurs (comme le porc-épic et le "goundi"), des lézards et de rares reptiles (vipères à cornes ou cobras). Il faut donc marcher avec prudence dans les pierriers et prendre garde aux tarentules et aux scorpions (les noirs sont plus venimeux !).


 

Les pentes Nord et les alpages, plus arrosés, connaissent une faune plus variée, proche de celle des hautes plaines et de l'Atlas Tellien. En forêt, le sanglier, dans les garrigues, le renard et le lièvre, le raton et la belette, la perdrix et la caille. On peut voir, la nuit, dans les phares, des hérissons, des gerboises, des chauves-souris. Pins d’Alep et chênes-verts accueillent le geai, le pic, la huppe, la pie grièche; les falaises calcaires, pigeons et corbeaux (ou choucas), faucons et milans (de rares vautours) ; les zones marécageuses voient passer cigognes et flamants, hérons et aigrettes, bécasses et bécassines. Mentionnons aussi, en zones cultivées, tortues et couleuvres, martinets et mésanges, éperviers et percnoptères (charognards), tourterelles et alouettes, etc ...

 

Le Massif des Aurès fut jadis très boisé, spécialement dans sa partie Nord et en altitude. Lartigue énumérait (en 1904) six forêts de plus de 20 000 hectares ! Le cèdre y trônait au-dessus de 1400 mètres. Plus bas règnent le pin d'Alep, le chêne-vert et trois variétés de genévriers. L'exploitation coloniale et les destructions de la guerre ont complété les ravages du siroco et des chèvres. Certains sommets n'ont plus que des garrigues ou des forêts résiduelles (cyprès, genévriers, etc.) et un gros effort de reboisement est fourni par l'ONTF. Vers le Sud, le palmier résiste jusqu’à 400 mètres. Oasis et vergers foisonnent de fruitiers : abricotiers et grenadiers, figuiers et oliviers, néfliers et pêchers, noyers et vignes ...


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Source

Texte :

 Philippe Thiriez, En flânant dans les Aurès, Editions Numidia, 1986

 

Photos :  1978 - 1990