Nécropole dolménique

 

Le cimetière indigène le plus célèbre du département de Constantine est celui de Roknia, à une douzaine de kilomètres au nord d'Hammam Meskoutine.

 

 

Des fouilles y ont été faites à plusieurs reprises ; les seules qui aient été conduites avec quelque méthode sont celles de Bourguignat et de Faidherbe, exécutées en 1867 : ces deux savants ouvrirent alors une soixantaine de tombes.

 

 

Le nombre des dolmens de Roknia est évalué à environ trois mille.

 


Ils occupent, sur une longueur d'au moins une demi-lieue, la partie Ouest et les pentes occidentales d'un plateau ondulé, qu'un ravin très profond borde de ce côté et qui domine une large vallée très fertile. Ils sont disséminés sans ordre.

 

La pierre provient du lieu même : c'est un tuf que les carriers pouvaient détacher sans difficulté.

 

Les enceintes, larges de 3 à 12 mètres, sont circulaires, selon l'usage : j'en ai pourtant remarqué une carrée. Il n'y a aucun motif de croire qu'elles représentent des bordures de tumulus aujourd'hui disparus. Elles sont faites en général d'une ceinture de blocs bruts ; mais parfois, dans les pentes, la partie du cercle qui se trouve en contre-bas comporte plusieurs assises irrégulières.

 

Le pavage intérieur enveloppe un, plus rarement deux ou trois dolmens, enfouis à mi-hauteur ; dans certaines enceintes, il y en a même jusqu'à cinq.

 

Les cases, d'ordinaire petites (1 mètre à 1,30 mètre de long, 0,60 mètre à 0,80 mètre de large), sont constituées par quatre ou six pierres, hautes d'environ 1 mètre. Beaucoup de ces blocs ont été sommairement équarris à la masse sur leur côté interne. Çà et là, de menues pierres bouchent les interstices. La table mesure 2 mètres en moyenne. On l'a souvent aplanie sur sa face inférieure.

 

Sur une superficie de 2 km², sur le bord et sur le flanc Nord-Ouest de la falaise jusqu’à 2,5 kilomètres de Roknia, la nécropole dolménique compte ainsi plus de dolmens que tous ceux de France réunis. A chacun des débouchés du cirque de Roknia, petites ruines romaines, sans doute des postes de surveillance. Il existe plusieurs grottes dans les alentours ; dans l’une furent trouvés des outils préhistoriques.



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Sources

Texte :

"Algérie", Les Guides bleus, Hachette, 1977

Stéphane Gsell, Les monuments antiques de l’Algérie, Tome I, Albert Fontemoing - Editeur, 1901

 

Photos : 1978 - 1981