Vasio ou Vasio Vocontiorum est le nom gallo-romain de l'actuelle ville de Vaison-la-Romaine, une des deux capitales du peuple celte des Voconces au Ier siècle av. J.-C..

 

Vasio était la capitale des Voconces du Sud, cette tribu est parmi celles vaincues par le Consul Fulvius Flaccus en 125 avant J.-C. puis par Sextius Calvinus en 124 avant J.-C.. Les Voconces savent ménager les Romains et leur fournir des preuves de fidélité. En récompense, la ville de Vasio et la cité associée deviennent une Cité fédérée lors de la création de la Provincia en 120 avant J.-C.. Elle obtient une grande autonomie en contrepartie de cette fidélité à Rome. Vasio s'organise surtout  pendant le Ier siècle avant  J.-C..


Vaison-la-Romaine (Vasio) : Plan du site (d'après Bouet, 1998)
Vaison-la-Romaine (Vasio) : Plan du site (d'après Bouet, 1998)

Vasio devient alors une cité commerçante grâce à la navigation sur l'Ouvèze. Elle s'enrichit et se dote d'édifices publics et de belles demeures privées que l'on peut découvrir sur les sites du Puymin et de la Villasse. Outre de nombreuses villas, la ville comporte aussi des quartiers d'habitation plus denses avec des boutiques ; elle dispose d'un réseau d'égouts. La croissance urbaine et le rayonnement culturel sont illustrés par les édifices publics, en particulier un Théâtre et des Thermes, un Sanctuaire, des Temples, un Aqueduc, .... et aussi par l'importance des résidences privées. A la fin du II° siècle, Vasio atteint sa dimension maximum avec une superficie de prés de 70 hectares qui se répartit de chaque côté de l'Ouvèze.

 

Vasio comptait plusieurs établissements thermaux ; les plus anciens sont les Thermes du centre dans le Quartier de la Villasse, ils ont été absorbés en partie par la Maison du Buste en Argent. Un autre établissement est bien connu, il s'agit des Thermes du Nord qui se situent un peu au delà du Théâtre antique. Un troisième établissement thermal a été identifié sur le quai Pasteur prés de l'Ouvèze.


Un aqueduc amenait les eaux de la source de la Groseau et alimentait le château d'eau qui lui-même desservait les différents réseaux de la ville.

 

La religion chrétienne s'implante précocement à Vasio ; en tout cas un évêché y existe dès le IV° siècle et deux conciles régionaux y sont rassemblés en 442 et en 529. C'est lors de ce dernier qu'est décidée l'introduction du Kyrie eleison dans la messe catholique.


Un Pont routier a été réalisé enjambant l'Ouvèze ; ce Pont Romain est toujours là, il a résisté aux crues, parfois violentes, de cette rivière.

Le pont gallo-romain, classé "Monuments historiques" en 1840, constitue le véritable lien entre la ville basse moderne et la cité médiévale ; il est l’un des monuments majeurs de la ville. Construit au Ier siècle après J.-C., il est ancré dans la roche au niveau d’un rétrécissement de l’Ouvèze. Son arche unique, de 17 mètres d’ouverture et large de 9 mètres, est constituée de cinq arcs en plein cintre et s’appuie sur le rocher. Dans l’Antiquité, le pont dominait les installations de digues sur pilotis. La rivière favorisait un intense trafic commercial assuré par des corporations de navigateurs.


Vaison-la-Romaine (Vasio) : Plan du théâtre après reconstruction (d’après Sautel 1942)
Vaison-la-Romaine (Vasio) : Plan du théâtre après reconstruction (d’après Sautel 1942)

Colline de Puymin

 

Le Théâtre est adossé à la colline de Puymin et regarde vers le Nord. Il mesure 96 mètres en largeur et est donc légèrement plus petit que celui d'Orange ; il pouvait contenir environ 6000 spectateurs.

 

Le Théâtre a été réalisé au Ier siècle après J.-C. : on y a retrouvé les statues des Empereurs Claude et Domitien exposées au Musée. Les statues de l'Empereur Hadrien et de son épouse Sabine sont du II° siècle, il a sans doute été embelli pendant leur règne. Il a été remanié au III° siècle et sans doute abandonné au V° siècle consécutivement aux troubles provoqués par les invasions barbares. Il a ensuite servi de carrière de pierres, en particulier le mur de scène qui a pratiquement disparu. Il a été redécouvert au début du XIX° siècle et identifié comme tel en 1821, il a été fouillé en 1907. Sa restauration s'est déroulée entre 1930 et 1932.
 

La colonnade du portique du dernier étage domine la Cavea, elle est en bonne partie celle d'origine, c'est un des seules à subsister dans les théâtres Romains de la Gaule. Un Velum, voile qui donnait de l'ombre aux spectateurs, prenait appui sur la partie supérieure du portique.
Les trois gradins du bas étaient destinés à recevoir des sièges mobiles, une barrière de pierre les séparant des autres. Ceux-ci étaient divisés en cinq par des escaliers aboutissant à l'Orchestre (en bas, au centre), les gradins étaient accessibles par des Vomitoires amenant les spectateurs à partir de galeries intérieures.
La scène a été creusée dans le roc, ce qui permet d'observer dans les fosses les restes des machineries pour le mouvement du rideau. Ce rideau faisait 37 mètres de largeur et il était baissé au début du spectacle et relevé à la fin. Le mur de scène faisait 28 mètres de hauteur, au même niveau que le haut du portique de la Cavea. C'est dans les fosses qu'ont été retrouvées plusieurs statues qui sont maintenant exposées au Musée.

 

Le Musée de Vaison

 

Si dès le XVI° des érudits se passionnent pour les Antiquités de Vaison et collectent, classent, inventorient, objets et monuments anciens, il faut attendre les fouilles du chanoine Joseph Sautel pour qu’une réelle politique de conservation in situ soit mise en place.

Il contient des statues trouvées lors des fouilles des sites Gallo-Romains de Vaison. Plusieurs pièces sont remarquables comme la statue de l'Empereur cuirassé, la tête de l'Apollon Lauré, les statues de l'Empereur Hadrien et de son épouse Sabine, ainsi que celles des Empereurs Claude et Domitien.


La Mosaïque du Paon se situait dans la Maison du Paon qui était localisée dans la partie Est de la ville de Vaison. Cette maison possédait une série de pièces richement décorées de mosaïques, on en a identifié six représentant une surface de 200 m2. La plus importante est celle transplantée au Musée, dénommée la Mosaïque du Paon ; elle se compose d'hexagones pris dans un cercle, la mosaïque du centre est occupée par un paon faisant la roue. Les autres représentent deux canards, deux perdrix et deux perroquets. Le décor des angles a été restauré des l'antiquité, mais sa qualité est moindre que celle de la partie principale de la mosaïque. Celle-ci a bénéficié d'une restauration poussée au XX° siècle.


Quartier de la Villasse

 

Les fouilles archéologiques se sont développées dans le Quartier de la Villasse à partir de 1924. Différentes constructions ont été identifiées dans ce quartier, qui n'est distant du Quartier de Puymin que d'une centaine de mètres. D'abord les Thermes du centre, de nombreuses boutiques, et des maisons de notables : la Maison du Buste en Argent et la Maison du Dauphin.

 

Les Thermes du centre
Les Thermes du centre sont les plus anciens des établissements thermaux de la ville. Ils ont été construits autour de 10-20 après J.-C.. Ouverts au public, les thermes permettent d'aller aux bains, de faire des exercices physiques mais aussi de se cultiver. Ils étaient composés de différentes salles : frigidarium (salle froide), tepidarium (salle tiède) et caldarium (salle chaude). Les deux dernières étaient chauffées grâce à un hypocauste. Un palestre permettait de faire des exercices avec en outre une piscine, l'ensemble possédait même des latrines.
Un élément de la salle thermale est toujours bien visible. A la fin du Ier siècle de notre ère, sans doute parce qu'ils étaient devenus trop petits, les Thermes du centre n'ont plus été publics ; ils ont été intégrés dans la Maison du Buste en Argent et remplacés par d'autres établissements dont les Thermes du Nord.

 

La Maison du Buste en Argent

Le nom de cette maison provient de la découverte sur ce site d'un Buste en Argent dont la qualité est remarquable, il est maintenant présenté au Musée. Cette maison est très vaste, outre la résidence elle-même, elle comporte un ensemble thermal et un grand jardin. Sa superficie au sol est de l'ordre de 5000 m2, ce qui est considérable pour une demeure urbaine. C'est en tout cas la maison la plus importante dégagée à Vaison la Romaine. Elle possédait un jardin d'agrément entouré d'un portique, il occupait une surface de 2000 m2. Ce jardin était auparavant l'emplacement d'un Palestre (terrain d'entrainement sportif) qui faisait partie des Thermes du centre.

La Maison du Dauphin
Le nom vient de la découverte dans cette maison d'une sculpture en marbre représentant un dauphin chevauché par un cupidon. Trois états de cette maison ont pu être identifiés. Vers 30 av J-C, c'est une exploitation agricole qui occupe une superficie de 1400 m2. Le bâtiment est remanié autour de 10-20 après J.-C. avec l'intégration des thermes qui étaient séparés de la maison auparavant. Une modification plus substantielle est réalisée à la fin du Ier siècle, elle est agrandie et embellie et exploite l'ouverture d'une voie urbaine sur son côté Ouest, son entrée principale est désormais de ce côté. Elle occupe alors une superficie de 2700 m2 dont les deux tiers pour l'habitation. Dans sa partie Sud, un jardin possédait un bassin aménagé en vivier.


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 Sources

Textes :

Vaison la Romaine, francebalade.com
Vaison la Romaine, vaison-la-romaine.com

 

Photos numériques :  2017