La vallée de Ghardaïa est composée de cinq villes: Ben Isguen, El-Atteuf, Bou Noura, Melika et enfin Ghardaïa, la capitale du M'Zab.

 

A 600 kilomètres au Sud d'Alger, les Mozabites ont su construire une société, stricte mais solidaire, pieuse mais pas intégriste, dans un milieu naturel hostile.

 

Ghardaïa est l'ultime cité avant de pénétrer dans le plus grand désert du monde.


Dans le dédale des médinas de Ghardaïa, il est bien difficile de croiser le regard des épouses, donc de lire dans leurs pensées... Elles cachent leur visage derrière un voile qui n'écarte ses deux pans que pour laisser apparaître un seul œil, comme le veut la tradition mozabite. Un Occidental pourrait y voir de la tristesse, de l'indifférence ou même de la colère, une insulte à la condition féminine.

Quant aux hommes, vêtus de blanc, gandoura et traditionnelle araguia, petite coiffe de toile, rencontrés dans les ruelles du souk, sur les chemins de la palmeraie, rien ne justifie pareil opprobre. Avenants, ni curieux ni envahissants, marquant la distance par respect pour l'étranger, ceux-ci attendent le même respect en retour.

Six cents kilomètres au Sud de la capitale et mille deux cents au Nord de Tamanrasset, capitale du Hoggar, nombril du désert absolu, le M'Zab, déposé au milieu des rocailles, a conservé le parfum primitif d'une contrée non polluée par le tourisme qui s'est détourné de lui.

Ici commence le Sahara.

 

Seul les proscrits et les saints auraient pu s'établir dans un endroit aussi inhospitalier. Lorsque les premiers Mozabites colonisèrent le fond de ce large oued excavé dans le désert rocheux, tranchant et plat, la Chebka, ceux-ci préférèrent l'exode à la promiscuité avec l'islam orthodoxe.

Avec toute la rigueur dont ils sont capables, ces pieux musulmans creusèrent de profonds puits à même la roche, plusieurs générations durant, afin que leurs fils et les fils de leurs fils puissent en bénéficier. Ceux-ci ont fertilisé ce milieu hostile, planté palmiers-dattiers, créé vergers et jardins luxuriants, aménagé canaux d'irrigation et ingénieux systèmes pour recueillir et emmagasiner l'eau de pluie afin qu'aucune goutte ne se perde. "L'eau est un don de Dieu" se justifie Brahim Hadjuut, enseignant érudit rencontré à Ben Isguen.

Comme par enchantement, cinq cités sortirent du néant dont la première, El-Atteuf, en 1011, Bou Noura en 1046, Ghardaïa en 1048, puis Melika et enfin Ben Isguen, la "Sainte", trois siècles plus tard. Ainsi naquit la pentapole dans la vallée du M'Zab, avec Ghardaïa comme diadème, telles les cinq filles engendrées par le désert.



Les maisons sont construites à l'aide de palmiers qui servent en quelque sorte de gabarit. On n'utilise que des palmiers morts ; jamais on n'abattra un arbre pour la construction.


Le crépi des murs est obtenu avec des régimes de dattes (alors que les fruits sont récoltés) qui servent d'outils pour projeter le crépi sur les murs. Ce « granulé » apporte une protection par rapport à l'eau qui ne peut pas couler sur la surface du mur.

 

Le M’zab

Le paysage de la vallée du M’Zab, créé au X° siècle par les Ibadites autour de leurs cinq ksour, ou villages fortifiés, semble être resté intact. Simple, fonctionnelle et parfaitement adaptée à l’environnement, l’architecture du M’zab a été conçue pour la vie en communauté, tout en respectant les structures familiales. C’est une source d’inspiration pour les grands maîtres, comme Ravereau, Pouillon, Bofill et les urbanistes d’aujourd’hui.
La Pentapole traditionnelle se compose des cinq premiers ksour : Al Ataf ; Bou Noura ; Ghardaïa ; Melika et Béni Ysguen, érigée entre le XI° siècle et le XIV° siècle. A cet ensemble originel s’ajoutent à partir du XVII° siècle deux centres importants éloignés des ksour d’origine : Guerrara et Berriane. Les ksour de la Pentapole se rejoignent par leurs extensions. Elles se déroulent le long de l’oued Ghardaïa, et d’Ouest en Est.


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Sources

Textes :

Algérie : Le plus beau désert du monde, ont.dz

Ghardaia et Ben Isguen : la porte du Sahara, expertalgeria.com

                                                                                   (Santiago Mendiéta, Ghardaia : La Porte du Désert, Histoire et Patrimoine, Algérie)

Michel Durand, Carnet de voyage : Ghardaïa, Beni Isguen, 05/01/2009

 

Photos :  1980