Le Pont Flavien est un antique pont romain placé sur la voie romaine reliant Marseille à Arles, dans le prolongement de la via Aurelia. Il enjambe la Touloubre à l'entrée de Saint-Chamas dans les Bouches-du-Rhône. Il porte le nom de son promoteur, un certain Lucius Donnius Flavus. Le pont Flavien a fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

 

Le Pont Flavien fut édifié dans les années 70 de notre ère, sous le règne de Vespasien.


 

Les voyageurs accèdent au pont en passant sous deux arches monumentales placées sur chaque rive. Les frises et les architraves de ces arches portent chacune la même inscription en latin local.


Inscription :

L. DONNIVS C. F. FLAVOS FLAMEN ROMAE

ET AVGVSTI TESTAMENTO FIEREI IVSSIT

ARBITRATV C. DONNEI VENAE ET C. ATTEI RVFEI

 

Traduction :

L(ucius) Donnius Flavus, f(ils) de C(aius), flamine de Rome et d’Auguste, a ordonné par testament qu’on fasse (ce monument), sous la direction de C(aius) Donnius Vena et de C(aius) Attius Rufius.

 

Qui était ce Flavus ?

Certains auteurs avancent la théorie selon laquelle Flavus, prêtre du culte de l’empereur Auguste, aurait commandé le pont dans son testament.
D’autres pensent que Flavus était un généreux notable d’origine indigène ayant reçu la qualité de citoyen romain avec les privilèges que cela implique, puisqu’il portait trois noms à la romaine :
Prénom : Lucius, Nom : Donnius, Surnom : Flavus
D’où l’appellation Flavien. Ce riche notable aurait fait don de ce superbe pont à ses concitoyens lors de son décès.


Ce pont est d’abord un ouvrage utilitaire, mais la symbolique de son décor lui confère avant tout un caractère funéraire.

 

Franchissant la Touloubre (petit rivière qui nous vient du pays aixois) juste avant son embouchure, le pont Flavien est un ouvrage d’art romain remarquablement conservé, sur la route qui reliait Marseille à Arles par la rive Nord de l’étang de Berre. Il se compose d’une arche unique en grand appareil de calcaire jaune, qu’encadrent deux arcs jumeaux en pierres blanches de Calissanne.

Au-dessus des pilastres corinthiens qui flanquent les baies, des aigles qui tiennent une couronne dans leurs serres encadrent une frise de rinceaux. Quatre lions se dressent aux extrémités des entablements, un seul est antique. Les autres ont été remplacés au XVIII° par le sculpteur aixois, Chastel.
Ce pont mesure 22 mètres de long entre les arcs, près de 6 mètres de large, lance son arche unique en plein centre d’un rayon de 6,50 mètres à quelques 6 mètres au-dessus de la Touloubre.

 

On donna aussi à ce pont le nom de pont Surian.

Au XVII° siècle, le manque d’entretien de la route et le roulement des véhicules à même la voûte du pont avaient amené l’usure de celle ci à un point critique, car il ne restait plus que 40 cm avant d’atteindre le vide sous la voûte. Ce qui paraît à peine croyable quand on sait que cet ouvrage était le seul de cette importance sur la Touloubre depuis l’antiquité.
C’est alors qu’un consul de la ville, nommé Surian, empêcha l’effondrement du pont en ordonnant des travaux de restauration, qui valurent à l’édifice de porter longtemps le nom de pont Surian. Ce consul faisait donc parti de cette riche et bourgeoise famille Surian de Saint-Chamas où l’on dénombrait : un évêque, un maître chirurgien et des propriétaires...


Un pont témoin de l’histoire
Plus de 2000 ans que le pont est le témoin de la vie de Saint-Chamas, des bons comme des mauvais moments de l’histoire...

Jusqu’au début du XX° siècle, il était un point de passage obligé de la route de Marseille à Arles.
Témoignage de sa fréquentation, le passage des attelages a laissé son empreinte. La chaussée antique devait être pavée de dalles. Mais sans doute vers la fin de l’antiquité, le manque d’entretien amena ce dallage initial dans un tel état de dégradation que les véhicules roulèrent désormais au centre du tablier à même les claveaux (pierres taillées en forme de coin, fermant la plate-bande d’une voûte) les usant en ce point jusqu’aux deux tiers de leur hauteur.
Vers le XVII° siècle, les Compagnons du tour de France ont gravé sur les piliers leurs noms (leroy, Belles, Vourles, Songeois, Laeoni, Lois, Laevule, Duhou), surnoms (Le Parisien, Aîné), la date de leur passage (1643, 1646, 1659) divers symboles (marteaux têtus de tailleurs de pierres, fers à cheval, un phallus).
En 1944, les troupes américaines renversèrent accidentellement l’arc Nord de l’édifice ; les réparations furent effectuées après la guerre.



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 Sources

Textes :

Empire romain - Des étrusques au déclin de l'empire, Henri Stierlin, Taschen, 2002

Pont Flavien, fr.wikipedia.org

Le pont romain de Saint-Chamas, histoire-genealogie.com

A titre posthume sur la Via Aurelia à Saint-Chamas (13), petit-patrimoine.com

Epigraphik-Datenbank Clauss / Slaby, db.edcs.eu

 

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