Le monastère d’Agia Triada (Sainte Trinité) se trouve près d’Akrotiri, ancienne municipalité du district régional de La Canée, dans un paysage composé d’oliviers, de vignobles et de cyprès. Du point de vue architectural, il est un des échantillons les plus importants de la Renaissance crétoise.

 

Selon la tradition, le monastère fut fondé par les frères Jérémie et Laurent de l’ancienne famille vénitienne des Tzagarola, qui étaient moines au monastère Gouverneto, situé à proximité.

 

En vue de la création du nouveau monastère, les propriétaires terriens d’Akrotiri ont offert de grandes étendues, tandis que Jérémie s’est rendu au Mont Athos pour copier les plans de l’édifice.


 

Le monastère d’Agia Triada est probablement le complexe monastique le plus impressionnant datant de la fin de l’occupation vénitienne en Crète, tant du fait de son volume que de son style architectural. Il combine des éléments de la pratique monastique orthodoxe aux formes architecturales occidentales, exprimant ainsi l’esprit de convergence entre les deux dogmes, en Crète.


Le complexe est de type fortifié, forme un grand quadrilatère. Le catholicon (ou principal bâtiment d'une église d'un monastère de l'Église orthodoxe) imposant se trouve au centre, flanqué de deux petites chapelles, comme c’est l’habitude dans les monastères orthodoxes. La stricte symétrie et l’usage de formes issues de l’Antiquité classique sont les principaux éléments qui le caractérisent.

 

Le monastère d’Agia Triada  a été construit à partir de 1611 par deux frères Geremia et Domenico Zagarol(o), deux nobles vénitiens convertis à l’orthodoxie, eux aussi fortement influencés par les travaux de Sebastiano Serlio.

 

Le monastère est stavropigite, donc dépend directement du patriarcat de Constantinople (qui envoie dans ce cas une croix à placer dans les fondations), cas exceptionnel vu la politique religieuse suivie par Venise. L’église suit les règles byzantines, croix grecque et dôme, mais les éléments décoratifs extérieurs appartiennent à la Renaissance italienne.


 

L’entrée principale du monastère d’Agia Triada est intégrée dans une muraille défensive : on y accède par un escalier monumental, car, en raison de la pente, le monastère compte trois niveaux sur son côté extérieur, et deux à l’intérieur. La porte est encadrée par deux colonnes ioniques qui soutiennent l’entablement. Là, deux colonnes corinthiennes, plus petites, surmontées chacune d’un petit fronton triangulaire encadrent un arc en demi‑cercle ; au sommet de l’ensemble, un fronton domine une inscription en grec, deux petits frontons. Cette organisation est influencée par le livre de Serlio. Par cette porte, on voit l’entrée, elle aussi caractéristique, de l’église centrale. La cour intérieure comprend deux chapelles supplémentaires dont celle du Christ Sauveur à laquelle on accède depuis le cloître par un escalier.



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Sources

 

Textes :

Monastère d’Agia Triada (Sainte Trinité), orthodoxcrete.com
Une Venise architecturale, Joëlle Dalègre, books.openedition.org

 

Photos :  2004