Delphes se situe à  proximité de la côte Nord du golfe de Corinthe, à  17 kilomètres de la mer et du port d´Itea où accostaient les pèlerins. Au Nord-Est s´élève le Mont Parnasse culminant à  2457 mètres. Le sanctuaire épouse les escarpements des Roches Phédriades parmi les pins, les oliviers et les cyprès dans un cadre grandiose dominant le ravin et la vallée du Pleistos.


D´après la légende, Delphes fut fondée par Zeus. Désireux de déterminer le centre de la terre sur laquelle il régnait, Zeus envoya deux aigles qui la survolèrent et se croisèrent à  proximité du Mont Parnasse. Ils définirent ainsi le centre de l´univers à  Delphes : omphalos, le nombril du monde.


Dès le deuxième millénaire avant J.-C., à  l´époque mycénienne, Gaia ou Gê la mère des dieux fut la première à  rendre des oracles sur le site. Sa fille Thémis lui succéda, suivie par sa sœur Phoebé qui surnomma Apollon Phoebus le jour de sa naissance sur l´île de Délos. Puis Apollon, fils de Léto et de Zeus les remplaça peu après. Selon un hymne homérique du VIII° siècle avant J.-C., Apollon éleva son premier temple à Delphes après avoir tué Python, le redoutable serpent gardien du sanctuaire de Gaia. Respectant la loi qu'il avait lui-même instaurée, Apollon s´exila pendant huit ans pour expier son crime. Puis il revint en maître absolu des lieux, devenant Apollon Pythien dont les oracles étaient interprétés par une femme sélectionnée pour sa vertu et sa chasteté, la Pythie.
Lors de son parcours de Délos dans les Iles Cyclades jusqu'à Delphes, Apollon prit la forme d´un dauphin qui traversa la mer. Son surnom de Delphis serait à  l´origine du nom de Delphes.
Les secousses et grondements telluriques, comme l´aspect grandiose et inquiétant des Roches Phédriades fendues par une brèche où coulent les eaux de Castalie, la source sacrée, ont certainement contribué à  forger la légende, puis consacrer le site de Delphes.


Delphes : Plan du sanctuaire d'Apollon (Grèce)

 

Sur les escarpements de Rhodini, la Roche Phédriade occidentale, apparaît l´aire sacrée ou temenos d´Apollon accrochée à  la pente. L´entrée principale se trouve à  l´angle Sud-Est comme pour les pèlerins de l´Antiquité. L´enceinte du temenos (péribole) percée de 9 portes remonte au VI° siècle avant J.-C. pour le côté Ouest en appareil polygonal, et au IV° siècle pour le reste. Cette enceinte délimite un espace trapézoïdal de 200 mètres x 130mètres dont le côté Sud est irrégulier. La partie inférieure du trapèze est réservée aux ex-voto (statues, stèles gravées d´inscriptions, trésors) érigés par les cités grecques et qui se sont accumulés dans le temps.


La voie sacrée dont le dallage actuel est de l´époque romaine serpente au milieu d´un foisonnement d´ex-voto et de Trésors pour atteindre le temple d´Apollon dans la partie médiane du temenos et le théâtre dans l´angle supérieur Ouest. La voie était interdite aux chars.

Les Trésors étaient des petits édifices consacrés au Dieu dans lesquels on déposait des offrandes et des sommes d'argent. Le Trésor des Athéniens a été reconstitué pierre par pierre avec un rigoureux scrupule par l’École Française d'Athènes. La façade est orientée à l'Est.

  1 Taureau de Corcyre

  2 Offrande de Marathon

  3 Statues des Sept contre Thèbes

  4 Cheval de Troie

  5 Statues des Épigones

  6 Offrande des Spartiates

  7 Ex-voto des Arcadiens

  8 Statues des rois d'Argos

  9 Offrande des Tarentins

10 Trésor de Sycione

11  Trésor des Siphniens

12 Trésor des Thébains

13 Trésor des Athéniens

14 Bouleutérion

15 Rocher de la Sibylle

16 Sanctuaire de Gê

17 Sphinx des Naxiens

18 Portique des Athéniens

19 Autel d'Apollon

20 Monument d'Aimilius Paulus

21 Statue d'Eumène II

22 Pilier de Prusias de Bithynie

23 Trépieds des Deinoménides

24 Trépied de Platées

25 Ex-voto des Tarentins

26 Ex-voto des Rhodiens

27 Portique d'Attale I

28 Statues d'Attale I et d'Eumène II

29 Offrande de Cratère

30 Base dite des Corcyréens

31 Téménos de Néoptolème

32 Ex-voto de Daochos II

33 Ischégaon

34 Monument du IV° siècle av. J.-C.

35 Lesché de Cnide



GR - Delphes : le sanctuaire d'Apollon, reconstitution - Grèce
GR - Delphes : le sanctuaire d'Apollon, reconstitution

Sanctuaire d'Apollon

 

A droite en entrant dans le temenos, la première base est celle du Taureau de Corcyre (Corfou actuel) en bronze consacré à  Apollon vers 480 avant J.-C.. Plus loin, toujours à  droite de la voie sacrée, se présentent les ex-voto des Arcadiens et des Lacédémoniens. Ces derniers sortirent victorieux de la guerre du Péloponnèse contre les Athéniens (431-404 avant J.-C.). Par défi ils installèrent leur ex-voto face à  celui des Athéniens. Il se composait de 9 statues des dieux, dont Apollon et Poseidon couronnant leur général en chef Lysandre. 28 autres statues représentaient généraux et amiraux spartiates ayant assisté Lysandre : les Navarques.

Après avoir battu les Spartiates, les Arcadiens installèrent leur ex-voto provenant du butin prélevé sur les vaincus devant le monument des Navarques.

En face, à  gauche de la voie sacrée, se dresse l´ex-voto des Athéniens commémorant leur victoire de Marathon sur les Perses en 490 avant J.-C.. Certaines des statues furent attribuées à  Phidias. 13 statues en bronze représentaient Athena et Apollon encadrant Miltiade, le héros victorieux et les 10 héros légendaires d´Athènes.

Deux hémicycles bordent ensuite la voie sacrée. Celui de droite était le monument des Rois d´Argos gravé de dédicaces (369 avant J.-C.). Celui de gauche dit des Épigones commémorait la bataille d´Oenoé remportée sur les Spartiates vers 460 avant J.-C..

Plus loin à  gauche, ne restent que les fondations du Trésor de Sicyône (VI° siècle) avec le réemploi d´éléments architecturaux plus anciens dont des métopes sculptées d´environ 560 avant J.-C. déterminantes dans l´histoire de la plastique grecque, puis apparaissent les ruines du Trésor de Siphnos construit vers 525 avant J.-C. par les habitants de cette île des Cyclades riches grâce à  l´exploitation de leurs mines d´or. C´était l´un des plus beaux exemples de style ionique en marbre caractérisé par un fronton que soutiennent des caryatides et une frise ornée de reliefs exposés au musée.

Le Trésor de Thèbes se trouve ensuite à  gauche avant le coude décrit par la voie sacrée. Les soubassements sont en tuf, mais il contraste avec le Trésor de Siphnos par la sobriété des matériaux en calcaire gris.


Dans le coude de la Voie sacrée ne subsistent que les soubassements du Trésor des Béotiens et l´omphalos de calcaire.

Sanctuaire d'Apollon (...)

 

En poursuivant sur la gauche a été reconstruit intégralement le Trésor des Athéniens grâce aux éléments le composant laissés sur place. C´est un édifice d´ordre dorique en marbre blanc de Paros peut-être construit après la victoire de Marathon sur les Mèdes de Darius. Cependant pour certains archéologues, il s´agirait d´une offrande de la démocratie athénienne naissante vers 505-500 avant J.-C.. Les frontons et métopes sont décorés de reliefs assez bien conservés illustrant le combat des Grecs et des Amazones (au Musée). Des inscriptions sur le mur Sud de la terrasse devant le Trésor sont dédiées à  Apollon après la bataille de Marathon et on y trouve deux hymnes qui sont adressés à  ce même dieu avec leur annotation musicale.

Après le Bouleutérion ou Sénat de Delphes, construit en poros (tuf) se dresse un énorme rocher qui s´était détaché des Phédriades bien avant l´aménagement du sanctuaire : le rocher de la Sibylle où se serait arrêtée la prophétesse légendaire d´Asie Mineure afin de prononcer ses oracles. Encore au-dessus sur un rocher se trouve la base de la colonne ionique des Naxiens représentant un Sphinx juché sur une colonne de plus de 9 mètres de haut (560 avant J.-C.), ex-voto de l´île cycladique de Naxos à  Apollon (au Musée).

A proximité se trouvait la source du sanctuaire de Gaia ou Gê gardée par Python dont Apollon s´ était débarrassé afin de s´emparer de l´oracle.

 

Environ 50 mètres plus haut que le Trésor des Athéniens s´étend une place circulaire, l´Aire, de 16 mètres de diamètre servant à  la représentation du meurtre de Python par Apollon pendant les fêtes pythiques célébrées tous les huit ans (Septeia).


Tout près, à  gauche de la Voie sacrée se dresse le Portique des Athéniens dont il reste 3 colonnes ioniques sur huit en marbre pentélique construit après 478 et qui abritait des trophées navals pris aux Perses de Xerxès (478 avant J.-C.).


Au-dessus du portique s´étend sur 83 mètres de long le mur polygonal de soutènement du Temple d´Apollon (VI° siècle avant J.-C.). Plus de 800 actes d´affranchissement d´esclaves des époques hellénistique et romaine y sont gravés.


En bordure de l´Aire, à  droite de la Voie sacrée, s´élevait le Trésor des Corinthiens dont peu de choses subsistent.
La voie s´élève pour atteindre le parvis du Temple d´Apollon. A droite, un peu en dessous, se dresse le socle circulaire du Trépied de Platées érigé pour commémorer la victoire éponyme sur les Perses en 479. Le trépied reposait sur une colonne de bronze constituée de torsades dessinées par 3 serpents enlacés. L´empereur Constantin la fit transporter dans sa capitale où elle demeure sur la place de l´Hippodrome de Constantinople.


La Voie sacrée rejoint alors le Carrefour des Trépieds, divers ex-voto dont les plus remarquables étaient ceux des tyrans de Syracuse Gélon et Hiéron (trépieds et victoires en or de 1855 kg environ) et la Colonne d´Acanthe des Thyiades aujourd´hui au Musée.

Le grand autel d´Apollon se présente à  gauche du parvis dédicacé par les habitants de Chio au V° siècle après leur libération du joug perse.


GR - Delphes : Plan du temple d'Apollon (E. Hansen) - Grèce
GR - Delphes : Plan du temple d'Apollon (E. Hansen)

Temple d’Apollon

 

A mi pente se dresse une vaste esplanade soutenue au Sud par un mur polygonal appareillé en blocs calcaires à  joints curvilignes d´où s´élevait le temple. Au Nord également, un mur de soutènement, l'ischegaon, devait le protéger des éboulis des Phédriades. Le temple visible est celui du IV° siècle avant J.-C. ; il fut achevé en 330 avant J.-C. grâce aux architectes Spintharos de Corinthe, Xénodros et Agathon.


Il s´agissait d´un temple dorique périptère avec 6 colonnes en façade et 15 sur les côtés exécuté en tuf recouvert de stuc de 60,30 x 23,80 mètres. Le fronton était décoré de sculptures d´Apollon arrivant à  Delphes sur un char accompagné de sa mère Lito et sa sœur Artémis. Au fronton Ouest figuraient le coucher du soleil, Dionysos et les Thyiades. Il ne reste probablement que la figure de Dionysos. L´agencement intérieur reste mystérieux car la destruction fut totale (derniers fidèles voulant empêcher la profanation par les chrétiens ou fanatisme de ces derniers ?). Ici, la Pythie rendit son dernier oracle à  l´empereur Julien l´Apostat.


Sur les murs du pronaos étaient gravées des devises telles que « Connais-toi toi-même », « Rien de trop », « Supporte et abstiens toi » prônant une morale pragmatique. Le pronaos abritait aussi une statue d´Homère.

 

Non pas un, mais trois temples

 

Chacun sait que la consultation de l’oracle de Delphes se déroulait dans le temple d’Apollon ; or il y a eu à Delphes non pas un temple d’Apollon, mais trois temples successifs.


1. Le temple parfois appelé « temple du haut-archaïsme » fut détruit par un incendie accidentel la première année de la cinquante-huitième olympiade, soit en 548/7 avant notre ère. Hormis cet événement et sa date, fournie par Pausanias, on ne connaît rien de ce temple, ni la date de sa construction, ni ses dimensions, ni sa structure d’ensemble, ni, à plus forte raison, son aménagement intérieur. Or, si véritablement Crésus consulta l’oracle de Delphes, c’est dans ce temple que la Pythie reçut les envoyés du roi et que furent déposées, en tout cas, certaines de ses plus riches offrandes, endommagées plus tard par l’incendie.


2. Le temple dit « temple des Alcméonides « (sa construction fut au moins en partie financée par cette grande famille athénienne) succéda au précédent. Il fut édifié (ou seulement terminé ?) et décoré dans les deux dernières décennies du VI° siècle avant notre ère : il était achevé vers 500. Auparavant, on avait procédé à d’importants travaux préliminaires : extension des limites du sanctuaire de 12 ou 13 mètres dans toutes les directions ; destruction ou remblaiement de plusieurs édifices (dont les ruines du temple incendié) ; construction, pour le nouveau tem­ple, d’une vaste terrasse soutenue par le grand mur polygonal resté en place jusqu’à nos jours, etc. Le « temple des Alcméonides » fut détruit à son tour, sans doute dans les années 370 avant notre ère, par une catastrophe naturelle dont la nature exacte est incertaine (glissement de terrain ? séisme ? glissement de terrain déclenché par un séisme ? accompagné de chutes de rochers ?). Beaucoup de blocs extraits de la ruine furent aussitôt réutilisés, soit dans les fondations du temple suivant, soit dans les murs de soutènement construits ou reconstruits aux alentours. Grâce à ceux de ces blocs qui sont accessibles à l’étude, on connaît avec certitude le plan d’ensemble, les dimensions, les proportions du temple des Alcméonides ; en revanche, son aménagement intérieur reste inconnu. Or ce temple est celui qu’ont connu Eschyle, Pindare, Hérodote, Euripide – le seul qu’ils aient connu.

 

3. Le « temple du IV° siècle », construit pour remplacer le « temple des Alcméonides », fut achevé vers 330 : la reconstruction (y compris les travaux préa­lables de déblaiement, de consolidation, de construction des soutènements, etc.) avait donc occupé près de quarante ans – avec une interruption de plusieurs années pendant la troisième guerre sacrée. Ce temple subit ensuite, au cours des siècles, divers dommages suivis de réparations, mais il resta debout jusqu’à l’Antiquité tardive. Il ne fut pas transformé en église. À une date impossible à fixer avec précision, il fut méthodiquement démonté pour permettre la récupération des agrafes de bronze qui liaient les blocs entre eux. Presque partout ce démontage fut poussé jusqu’aux fondations : en quelques endroits seulement le dallage est encore en place. Jusqu’à la fin du XIX° siècle, les maisons d’un village ont occupé l’emplacement du sanctuaire antique, donc aussi l’emplacement du temple. Ce sont les ruines du « temple du IV° siècle » qu’on peut voir aujourd’hui, partiellement restaurées. C’est ce temple que Pausanias a visité. C’est celui où Plutarque exerça les fonctions de prêtre d’Apollon. C’est le seul des trois temples successifs dont l’aménagement intérieur ne soit pas complètement inconnu. Sur ce point, les recherches archéologiques et architecturales de P. Amandry et E. Hansen ont apporté des données neuves, rassemblées sous leurs deux signatures dans une publication récente.

Temple d’Apollon (...)

 

L’aménagement intérieur du temple du IV° siècle : certitudes et probabilités

 

Pausanias, quand il vient à parler de l’intérieur du temple, évoque d’abord ce qu’il a vu dans le pronaos, ensuite ce qu’il a vu dans le naos, enfin « la partie la plus intérieure du naos », à laquelle, écrit-il, « peu de gens ont accès » et où se trouve une statue en or d’Apollon, mais où, semble-t-il, lui-même n’est pas entré.

 

L’étude archéologique et architecturale, quant à elle, nous fait traverser, d’Est en Ouest (cf plan), d’abord le pronaos, avec des bancs de pierre, de longues inscriptions gravées sur les murs à partir du dernier quart du II° siècle avant notre ère, des scellements dans le dallage au pied des murs, peut-être pour des stèles, puis le naos ou, si l’on préfère le mot latin, la cella, profonde de presque 25 mètres, pourvue, comme il est habituel, d’une double colonnade intérieure. À l’intérieur du naos, la nef centrale (l’espace compris entre les deux colonnades intérieures), large de plus de 5,60 mètres, est divisée matériellement en deux parties successives.

 

a) Quand on vient du pronaos, on rencontre d’abord, sur une profondeur (Est-Ouest) de moins de 7 mètres, un espace entièrement dallé, ouvert au Nord et au Sud par deux portes latérales donnant sur la péristasis (c’est-à-dire sous la colonnade extérieure qui enveloppait le temple), et limité vers l’Ouest par une cloison ou une barrière épaisse de 60 centimètres environ, scellée sur le dallage, vraisemblablement assez lourde (la fondation du dallage est renforcée à cet endroit).


b) Plus à l’Ouest, au-delà de cette cloison, sur une profondeur (Est-Ouest) d’environ 18 mètres, s’étendait au fond du temple un vaste espace dans lequel il faut nécessairement situer l’adyton, le lieu où la Pythie prophétisait. Or cet espace n’était que partiellement dallé. Aussitôt à l’Ouest de la cloison, dans la nef centrale, sur une longueur (Est-Ouest) de 7 à 8 mètres, une sorte de « trottoir » dallé s’étendait le long de la colon­nade intérieure Nord et un autre dallage analogue s’étendait le long de la colonnade intérieure Sud. Le « trottoir » Nord était plus large, plus épais et plus solidement fondé que le « trottoir » Sud. Entre ces deux « trottoirs », au milieu de la nef centrale, il n’existait aucun dallage. Plus à l’Ouest, et jusqu’au fond de la cella, sur une profondeur (Est-Ouest) de plus de 10 mètres, la nef centrale de la cella n’était pas dallée du tout. Les deux nefs latérales Nord et Sud, en revanche, semblent avoir été dallées jusqu’au fond de la cella.

 

Dans l’opisthodome du temple, enfin, une grosse base carrée avait été scellée sur le dallage, dans l’axe Est-Ouest du temple, adossée à la face extérieure du mur Ouest de la cella, et cela, semble-t-il, dès la construction du temple.

 

 Nota : Le  temple d'Apollon est de taille légèrement supérieure à celle du temple d'Héraclès (temple A) d'Agrigente.


Théâtre

 

A l´angle Nord-Ouest du temenos, le théâtre fut construit au IV° siècle avant J.-C., restauré aux frais d´un roi de Pergame Eumène II en 159. Les gradins en pierre blanche du Parnasse pouvaient accueillir 5000 spectateurs pendant les fêtes delphiques, notamment celles données à  l´occasion des Jeux Pythiques pour célébrer la victoire d´Apollon sur le serpent Python.

Les Jeux Pythiques eurent d´abord lieu tous les huit ans, puis à  partir de 500, tous les quatre ans, de nouveau tous les huit ans à  l´époque impériale au début de septembre sous la surveillance des Amphictions. Il s´agissait de représentants des tribus hellènes ancestrales, et non pas de cités, tels que les Doriens, les Ioniens, les Thessaliens, les Phocidiens etc., assurant la protection, l'intendance et l'administration du sanctuaire.
La fête comportait des sacrifices, un drame sacré opposant Apollon à  Python, puis un concours musical (cithare, flûte, chants) en l´honneur du dieu. S´ajoutèrent ultérieurement des représentations théâtrales (tragédies, comédies). Il y avait aussi des jeux gymniques dans le stade et des courses de chars dans l´hippodrome de la plaine. Les récompenses étaient des couronnes de laurier.


Stade

 

Il se situe au Nord-Ouest du sanctuaire d´Apollon, mais en dehors du périmètre sacré du temenos. Son aménagement date du III° siècle avant J.-C.. Les gradins de terre soutenus au Sud par un mur en appareil polygonal furent remplacés au II° siècle après J.-C. par des gradins en pierre sous Hérode Atticus qui y ajouta une porte monumentale à  l´extrémité Est. Les gradins du côté Nord étaient intégrés à  la roche. Le stade pouvait accueillir 6500 à  7000 personnes. Une tribune rectangulaire aux bancs à  dossiers servait à  la présidence des jeux. La piste était longue de 177,50 mètres sur environ 26 mètres de large.


Gymnase

 

Face à  la vallée du Pleistos avant d´arriver au sanctuaire d'Apollon se trouve le sanctuaire d´Athena Pronaia appelé aussi aire de Marmaria car son site servait de carrière de marbre. En quittant le sanctuaire d´Athena Pronaia pour se diriger vers le sanctuaire d´Apollon, on trouve sur la gauche le gymnase datant du IV° siècle avant J.-C. à  deux niveaux, réaménagé par les Romains. Sur la terrasse inférieure subsistent les restes d´une cour à  péristyle, la palestre, et une piscine circulaire. Sur la terrasse supérieure, on peut distinguer les vestiges d´un xyste (piste couverte).

GR - Delphes : Le site du gymnase - Grèce
[NU901-2008-0135] GR - Delphes : Le site du gymnase

Sources

 

Textes :

Le sanctuaire et l´oracle d´Apollon à  Delphes, arretetonchar.fr

Le site de Delphes, Thierry Jamard

 

Textes/Plans :

L’oracle de Delphes : quelques mises au point, Georges Rougemont, journals.openedition.org

Sanctuaires panhelléniques, profshistoirelcl.canalblog.com

 

Plan :

Plans, schémas et reconstitutions des sites grecs antiques, arretetonchar.fr

 

Photos numériques :  2008