Thuburbo Majus, aujourd'hui Henchir Kasbat, est le troisième " grand " site archéologique de la région de Tunis, avec Carthage et Utique.

 

A une soixantaine de kilomètres au Sud de Carthage, au centre d'une riche région agricole, des ruines encore imposantes témoignent - comme le fond de leur côté les mosaïques que l'on a transportées au musée du Bardo - de l'importance d'une métropole provinciale tranquille (elle n'était même pas fortifiée) qui dut, au temps de sa plus grande extension, compter près de 8000 habitants.

 

On ne sait que peu de chose de la cité primitive, dont le nom de Thuburbo traduit une origine berbère, sinon qu'elle se rangea du côté carthaginois dans les guerres puniques : après leur victoire, les Romains lui firent en effet payer cette attitude en la condamnant au versement d'un tribut et en ne lui octroyant pas, comme à d'autres, le statut de ville libre.


Henchir Kasbat (Thuburbo Majus) : Plan du site
Henchir Kasbat (Thuburbo Majus) : Plan du site


L'élévation de la ville au rang de Municipe en 128, par Adrien, puis à celui de Colonie en 188, par Commode, atteste son expansion rapide.

 

Le second siècle et la première moitié du troisième voient la ville, à son apogée, se couvrir de monuments et de demeures somptueusement décorées de mosaïques.

 

Après une éclipse due aux troubles de la seconde moitié du III° siècle, la ville est reconstruite et restaurée au IV° siècle, à partir du règne de Constance II, et se proclame Respublica Felix Thuburbo Majus. Ce n'est qu'un sursaut ; déjà déchirée par les querelles entre Donatistes et Catholiques, elle se réduira, sous les Vandales, à la taille d'un village où les plus prestigieux monuments seront occupés par des huileries. La conquête byzantine ne ralentira pas son déclin.


Du Capitole, élevé en 168 sur un podium au milieu du côté Nord-Ouest du forum, ne subsistent que le podium et les colonnes corinthiennes du pronaos, dont quatre ont pu être entièrement remontées. La cella, où se trouvaient les statues des dieux, a disparu, et l'on a seulement retrouvé la tête et quelques parties du corps d'une statue de Jupiter qui devait atteindre 7 mètres de hauteur.


Sous le vestibule et sous le sanctuaire, plusieurs salles voûtées, dont certaines abritèrent peut-être le trésor du temple, eurent au cours du temps diverses destinations : une huilerie fut installée dans celle du milieu.

Le Forum, vaste place carrée de 49 mètres de côté, domine une partie de la ville. Autrefois, entièrement dallé, il était bordé sur trois côtés par un portique corinthien dont subsistent quelques colonnes, hautes de 4 mètres.

Le Temple de Mercure, très ruiné, a été érigé sous les Sévères, en 211. Marqué par la tradition punique, il possède une cour à péristyle assez particulière, de plan circulaire.


La Palestre des Petronii doit son nom à Petronus Felix et ses fils qui, d'après une inscription, l'offrirent à la cité en 225. Ce terrain de jeux, où les habitants de la ville venaient se détendre avant d'aller aux bains, était entouré d'un portique corinthien, aux colonnes de marbre gris surmontées de chapiteaux de grès d'une grande finesse d'exécution, dont le côté Sud-Est a été remonté.


Les Thermes d'été, dont la disposition fut modifiée lors de la construction de la palestre puis, beaucoup plus tard, par celle d'un grand bâtiment qui s'étend au Sud-Est, furent restaurés en 361.

Le Temple de Baalat est un petit sanctuaire tétrastyle auquel on accédait par un escalier de neuf marches. Probablement érigé au II° siècle, sous les Antonins, il occupe le fond d'une cour bordée d'un portique à laquelle on accédait par deux portes.


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Sources

Textes :

"Tunisie", Les Guides bleus, Hachette, 1977

 

Textes/Plan :

Thuburbo Majus, wikipedia.org

 

Photos : 1978 - 1985