Le site de Glanum (Saint-Rémy-de-Provence) se trouve au débouché d'un passage qui, du Sud au Nord, échancre la chaîne des Alpilles, par la coïncidence de deux ravins où passe aujourd'hui la route de Maussane et des Baux. C'est à cette position privilégiée que Glanum doit sa fortune antique.


Le site est signalé pour la première fois au XVI° siècle mais on ne le connaît jusqu'aux fouilles du XX° siècle que par les célèbres monuments des "Antiques".

 

Cet ensemble des "Antiques", mentionné par exemple par Nostradamus en 1555 dans les Centuries, marque la limite Ouest de la ville.


Les "Antiques" se composent d'un arc et d'un mausolée.

Le mausolée a été édifié dans les années 30-20 avant J.-C. par les frères Sextus, Lucius et Marcus Julius en l'honneur de leur père, Caius, et de leur grand père. Le but de ce monument était, au-delà de l'hommage pieux, de proclamer avec ostentation la richesse de cette famille des Julii. Ces aristocrates de Glanum doivent à César le nom de leur famille. C'est en effet le grand père qui, pour prix d'une carrière de soldat commencée lors de la guerre des Gaules (à partir de 58 avant J.-C.), a obtenu la citoyenneté romaine. Le mausolée exalte donc la gloire militaire du "fondateur", au service et dans la clientèle de Jules César et celle de son fils. Le mausolée était décoré dans sa partie supérieure de deux statues de 2 mètres de hauteur et sur son socle de reliefs. Sur trois faces, il figure des scènes que l'on associe aujourd'hui à la fameuse bataille de Zéla (47 avant J.-C.) au cours de laquelle Jules César prononça son fameux "veni, vidi, vici ; je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu". Cette représentation est la seule que l'on connaisse de cette célèbre bataille.

                    Le mausolée et l’arc de triomphe voisin forment un ensemble connu depuis le XVII° siècle comme les « Antiques » de Glanum. Le mausolée qui est le plus ancien et le monument funéraire antique le mieux conservé en Gaule, a maintes et maintes fois été reproduit.

 

                    Comprenant trois parties, le mausolée présente sur son socle un scène de bataille : Zéla (Turquie). Cette bataille couvre trois panneaux dont un figure au centre César lui même, le quatrième étant réservé à un thème classique, la mort de Méléagre. L’étage supérieur (quadrifons) ne doit plus être considéré comme il l’a toujours été comme une partie vide mais bel et bien comme le réceptacle des urnes cinéraires exposées derrière une barrière aux yeux de tous. Le quadrifons est coiffé d’une frise comportant des griffons et des tritons qui dans une symbolique complexe font référence à l’au-delà avec parmi les symboles celui du soleil et sur les clés de voûtes du quadrifons les vents. Le  troisième étage est celui de la tholos supportée par une colonnade qui enferme deux statues des défunts (togatus).

L’étude du décor montre une forte symbolique de l’ensemble en partant du socle avec une évocation d’un épisode réel, la bataille de Zéla à laquelle le grand père des Julii a participé.



Glanum - Les Antiques : Restitution de l'arc de triomphe
Glanum - Les Antiques : Restitution de l'arc de triomphe

                    L'arc de triomphe qui signalait l'entrée de la ville de Glanum a été édifié à la fin du règne d'Auguste ou au début de celui de Tibère, à proximité du « mausolée » des Julii qui lui est antérieur d'une cinquantaine d'années.

Les deux monuments s'opposent pourtant par leurs destinations (privée pour le « mausolée », publique pour l'arc de triomphe), et plus encore par leur esprit : alors que le « mausolée » célèbre l'accession à la citoyenneté romaine d'une famille locale assimilée, l'arc au contraire évoque la conquête de la Gaule par la contrainte, comme peuvent le faire, de la même manière, les arcs d'Orange ou de Carpentras.


La forme actuelle de l'arc de triomphe ne donne qu'une faible idée de la majesté qu'il pouvait avoir dans l'antiquité : toute la partie supérieure a disparu, et l'ensemble, protégé à la fin du XVIII° siècle par une couverture de dalles, présente aujourd'hui une double pente sans aucun rapport avec les volumes romains.

 

Sa voûte est ornée de cent dix caissons hexagonaux en forme de nids d'abeille remarquablement ciselés. Elle est soulignée par des bandeaux de fruits (grenades, pommes, raisins), de rameaux d'olivier et de rinceaux de fleurs. Elle évoque par son exubérance les bienfaits de la paix et de la civilisation, en contraste avec la thématique guerrière des bas-reliefs sur les côtés.


Un commentaire ?

Un formulaire est à votre disposition :-)



Sources

Textes :

Le site archéologique de Glanum - Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône, culture.gouv.fr

Le Mausolée de Saint-Rémy-de-Provence - Les Iulii, Jules César et la bataille de Zéla, Xavier Delestre -

                                                                                                                      François Salviat - Jean-claude Golvin, Actes Sud, 2015

 

Texte et Dessin :

L'arc de triomphe des Antiques (Saint-Rémy de Provence), mediterranees.net

 

Photos numériques :  2016