Le sanctuaire d’Olympie, dans le Nord-Ouest du Péloponnèse, dans le district régional de l’Élide (Élis), a été fondé dans la vallée créée par la confluence de l’Alphée et du Cladée dans un décor naturel empreint de beauté et sérénité. Au sein de la culture humaine, le sanctuaire panhellénique occupe la place de plus important centre religieux politique et sportif, son histoire remontant à la fin du néolithique (IV° millénaire avant J.-C.). Le célèbre sanctuaire est devenu le centre du culte de Zeus, le père des douze dieux de l’Olympe. Pour l’Altis, le bois sacré et le centre du sanctuaire, certaines des œuvres d’art et des techniques les plus remarquables ont été créées, constituant une étape cruciale dans l’histoire de l’art. De grands artistes, tels que Phidias, y ont laissé leur empreinte, d’une grande inspiration et créativité, offrant au monde des compositions artistiques extraordinaires.


C’est en ce lieu que l’idée olympique est née, faisant d’Olympie un symbole universel unique de paix et de compétition au service de la vertu. Ici aussi, l’importance a été donnée aux idéaux d’harmonie physique et mentale, de noble concours, de saine rivalité et de Trêve sacrée ; des valeurs qui demeurent immuables à perpétuité.

L’influence des monuments d’Olympie a été considérable : le temple de Zeus, construit en 470-457 avant J.-C., est le modèle des grands temples doriques érigés dans le Péloponnèse ainsi que dans le Sud de l’Italie et en Sicile lors du V° siècle avant J.-C . ; la Niké de Péonios, sculptée vers 420 avant J.-C., a exercé une influence si durable sur les allégories iconographiques de la Victoire que l’art néoclassique du XIX° siècle lui est extrêmement redevable ; enfin, pour la période romaine, la palestre d’Olympie, un espace carré et ouvert où les athlètes s’entraînaient ainsi que le lieu de leur préparation mentale et physique avant les Jeux, est incontestablement la référence typologique faite par Vitruve dans son De Architectura. Sa valeur en tant que norme en architecture est dans tous les cas incontestable.


GR - Olympie : Plan du sanctuaire (Grèce)
GR - Olympie : Plan du sanctuaire

 

Le sanctuaire de l’Altis contenait une des plus grandes concentrations de chefs-d’œuvre du monde méditerranéen antique. Beaucoup d’entre eux ont disparu, comme le Zeus d’Olympie, statue de culte en or et ivoire qui fut probablement réalisée par Phidias entre 438 et 430 avant J.-C. et une des sept merveilles du monde antique. D’autres chefs-d’œuvre ont survécu : de grands bronzes archaïques votifs, des sculptures de fronton et des métopes du temple de Zeus, et le célèbre complexe d’Hermès par Praxitèle. Toutes sont des œuvres de sculpture majeures et des références clés dans l’histoire de l’art.


 0 Thermes du Nord (du Kronion)

  1 Propylée du Nord-Est

  2 Prytanée

  3 Philippéion

  4 Héraion

  5 Pélopéion

  6 Nymphée d'Hérode Atticus

  7 Métrôon

  8 Socles des Zanes

  9 Crypte

10 Stade

11  Stoa d'Écho



12 Monument de Ptolémée II et

    Arsinoé

13 Stoa d'Hestia

14 Bâtiment hellénistique

15 Temple de Zeus

16 Autel de Zeus

17 Ex-voto des Achéens

18 Ex-voto de Mikythos

19 Victoire de Paionios

20 Gymnase

21 Palestre

22 Théokoléon



23 Hérôon

24 Atelier de Phidias et basilique

     paléochrétienne

25 Thermes du Kladéos

26 Bains grecs

27 Hôtelleries

28 Hôtelleries

29 Léonidaion

30 Thermes Sud

31 Bouleutérion

32 Stoa Sud

33 Villa de Néron



Trésors

  I Sicyone
 II Syracuse
III ?

IV Épidame

   V Byzance
  VI Sybaris
 VII  Cyrène
VIII Autel de Gé

 IX Sélinonte
  X Métaponte
 XI Mégare
XII Gela



L'Altis


Les premières ruines furent découvertes à ancienne Olympie grâce aux fouilles effectuées en 1829 au Péloponnèse par la Mission Archéologique Française. Des travaux systématiques commencèrent en 1875 par l’École Archéologique Allemande.


Aujourd’hui, on accède au site par le pont qui traverse le Kladéos. En allant vers l’Altis, nous voyons à droite le Gymnase, incomplètement dégagé, et la Palestre à côté. A gauche, se trouvent les ruines du Prytanée, du Philippeion, du Héraion et du Pélopion.

L’Héraion (temple d’Héra) – au début du VI° siècle avant J.C. – est considéré le plus ancien temple d’Olympie. A l’intérieur du temple, il y avait plusieurs ex-voto et au milieu du II° siècle après J.C., Pausanias y a vu le disque qui portait l’inscription de l’accord sur la trêve sacrée. C’est là que fut trouvée la fameuse statue d’Hermès de Praxitèle. A côté de l’Héraion, se trouve le Métroon avec les piédestaux des statues de Zeus, appelées Zanes et payées avec les amendes infligées aux athlètes qui ne respectaient pas les règlements des compétitions.


En tournant à droite, nous accédons au Portique d’Écho ou Pœcile avec sa stèle commémorative, construit par le roi d’Égypte Ptolémée Philadelphe et sa sœur Arsinoé ; ensuite, nous arrivons au temple de Zeus. Il s’agissait d’un grand temple majestueux d’ordre dorique, à décoration sculpturale riche. A l’intérieur du temple, se trouvait la statue chryséléphantine de Zeus exécutée par Phidias et glorifiée plus que toute autre œuvre grecque classique, en raison de sa beauté et de sa grandeur incomparables.

Devant le temple, a survécu le piédestal triangulaire qui supportait la Victoire de Péonios. Au sud du temple, se trouvent le Bouleutérion et le Léonidaion et à l’Ouest, l’atelier de Phidias, le Theekoleon où (étaient logés les prêtres), la piscine et les bains hellénistiques et romains.

Traversant la porte Crypte, on accède au Stade, laissant le mont Kronion à gauche et la rivière Alphée à droite et à l’arrière. La piste a une longueur de 192,27 mètres. Il n’y a jamais eu de tribunes en pierre ou en marbre, à l’exception de quelques tribunes en pierre réservées aux Hellanodices et l’autel en marbre de Déméter, réservé à la prêtresse de la déesse, la seule femme qui avait le droit de suivre les Jeux. On y trouve également des dalles en pierre avec les rainures qui marquaient la ligne de départ.


GR - Olympie : Le sanctuaire, reconstitution - Grèce
GR - Olympie : Le sanctuaire, reconstitution

Temple de Zeus [15] - Les temples successifs

Le temple archaïque
Le temple de Zeus au sens où on l'entend de nos jours ne fut pas le premier sur ce site. L'histoire d'Olympie commence dès le VIII° siècle avant J.-C. avec le déroulement sur ce site des premiers Jeux Olympiques en 776 avant J.-C.. Durant le VII° siècle un premier temple fut construit au Sud du mont Kronion, il servit de centre cultuel pour le site. Il était de style dorique, mais ses colonnes en bois furent remplacées par des colonnes en pierre par la suite. Il faut savoir que les archéologues ont retrouvés dans ce temple archaïque une tête de la statue d'Héra, qui était l'épouse de Zeus et la déesse du mariage. Ceci confirme ce temple comme étant le premier à être voué à Zeus sur ce site.

 

Le temple hellénistique

Au V° siècle avant J.-C. les Eléens gagnent une victoire importante face à Pise, ville proche d'Olympie. Pour fêter cette victoire ils décident de construire un nouveau temple à la place de l'ancien, c'est à celui-ci qu'on fait référence lorsqu'on parle de la statue de Zeus. L'architecte fut Libon d'Élide qui le construisit avec le même style dorique que le précédent, mais en utilisant des matériaux différents comme le calcaire recouvert de stuc. En utilisant du calcaire et pas du marbre, il s'évitait tous les problèmes d'approvisionnement (les carrières de marbre sont rares en Grèce), de transport (les techniques de transports n'étant pas aussi fiable que quelques siècles plus tard), et de taillage (la dureté de la pierre est idéale pour la solidité, mais pas pour la tailler en blocs réguliers ni pour le sculpter). Une exception toutefois : la couverture du toit qui était bien en marbre.

Ce temple fut achevé en -457. Il mesurait 64,12 mètres par 27,68 et était le plus grand de toute la Grèce continentale. Il servit au culte jusqu'en 393 après J.-C., année durant laquelle l'Empereur romain Théodose promulgua l'interdiction du culte polythéiste et interdit les Jeux Olympiques, symbole du paganisme. En 426, le temple est brûlé à la suite de la publication de l'édit du 13 novembre de l'empereur byzantin Théodose II ordonnant la destruction de tous les temples païens de l'empire. Au VI° siècle après J.-C., le temple subit les affres d'un tremblement de terre et fut complètement détruit. Oublié, il fut enseveli par des siècles de dépôts de limon.

Le site sera découvert au XIX° siècle par Richard Chandler, qui effectuera 6 années de fouilles. Le site sera à nouveau fouillé de 1936 à 1966.

GR - Olympie : Plan du temple de Zeus (Grèce)
GR - Olympie : Plan du temple de Zeus

Le temple de Zeus, à Olympie, était classique selon les critères de l'architecture grecque antique. Il était de forme rectangulaire et disposait d'une rangée de colonnes d'un diamètre supérieur à 2 mètres et d'une hauteur de 10 mètres qui l'entourait complètement. Il disposait d'une entrée à l'Est et son toit était à deux pentes, il montait jusqu'à 22 mètres de hauteur, formant un pignon sur les façade avant et arrière. Les deux frontons étaient très décorés. Celui de l'avant représentait Zeus au centre, il était entouré de scènes de préparatifs de la course de char qui opposa, si l'on en croit la légende, Œnomaos et Pélops pour la main d'Hippodamie. Celui de l'arrière représente la bataille des Centaures contre les Lapithes. Apollon trône au milieu du fronton Ouest.

Lorsque le Soleil se levait il entrait dans le vestibule, la pièce servant d'entrée, et en fonction des saisons il arrivait même jusque dans le Naos. Ce dernier était équipé de deux rangées de colonnes pour tenir la charpente qui était en bois. Intérieurement il y avait deux niveaux dans le temple, un escalier en colimaçon montant à l'étage supérieur sur les galeries en bois.

A l'arrière du Naos se trouvait l'opisthodome, une pièce située derrière le sanctuaire et qui contenait les offrandes. Interdite au public, cette pièce était richement décorée de scènes mettant en jeu Héraklès, des décors de nos jours visibles au Louvre, à Paris.

Le sol du temple était fait de grandes dalles de calcaire recouverte de plaques de marbre. Le Naos contenait la statue de Zeus, celle qui fut choisi en tant que merveille du Monde.

 

Description de la statue de Zeus

Selon le témoignage de Pausanias, la statue mesurait 13 mètres de hauteur, elle était plus grande que celle d'Athéna que Phidias avait fait peu avant, à Athènes. Les parties visibles du corps étaient en ivoire pour simuler la blancheur de la peu tandis que les vêtements, la barbe et la chevelure étaient en or. La chevelure recevait une couronne d'olivier faite en argent.

Nota : Le  temple de Zeus est de taille légèrement supérieure à celle du temple D dédié à Athéna de Sélinonte.


Philippéion [ 3]


Bâtiment circulaire, le Philippéion a été construit probablement pendant le règne de Philippe II de Macédoine après sa victoire à la Bataille de Chéronée (338 av. J.-C.). Il fut achevé par son fils Alexandre le Grand, qui l'appela ensuite Philippéion par vénération pour son père. A l'intérieur de cette construction courait une banquette sur laquelle avaient été déposées les statues chryséléphantines de Philippe, de son épouse Olympias, de son père Amyntas III, de sa mère Eurydice et de son fils Alexandre le grand, œuvres de Léocharès.


GR - Olympie : Plan du temple d'Héra (Grèce)
GR - Olympie : Plan du temple d'Héra

 

 

Temple d'Héra [ 4]

 

Le temple d'Héra, appelé aussi Héraion, est dédié à la femme et sœur de Zeus, déesse de la fécondité et du mariage, gardienne du foyer. C'est l'un des plus anciens temples grecs puisqu'il fut construit vers 600 avant J.-C.. Il est de style dorique, de dimension moyenne (18,76 mètres de large pour 50,01 mètres de long), avec six colonnes en façade et 16 sur les longs côtés. A l'origine, ses colonnes étaient en bois, mais elles furent remplacées par des colonnes hautes de 5,40 mètres en pierre coquillière à différentes époques, ce qui explique que les colonnes n'étaient pas toutes du même diamètre et n'avaient ni les mêmes cannelures ni les mêmes chapiteaux. C'est dans ce temple qu'a été retrouvé le fameux Hermès de Praxitèle, la statue en marbre de Paros découverte en 1877 et conservée dans le musée du site.


GR - Olympie : Plan du Metrôon (Grèce)
GR - Olympie : Plan du Metrôon

Metrôon [ 7]


En contrebas du trésor de Sicyone, on peut voir les fondations du metrôon, temple consacré à la mère des dieux : Rhéa. Ce temple était d'ordre dorique (10,62 mètres de large pour 20,67 mètres de long) et comprenait six colonnes en façade contre 11 sur les longs côtés. Construit entre 400 et 360 avant J.-C., il abrita sous la domination romaine des statues, en particulier la monumentale statue d'Auguste qui se trouvait dans la cella et qui est maintenant exposée au musée.


GR - Olympie : Socles des Zanes situés à l'aplomb du mur de soutènement de la terrasse des Trésors (Grèce)
[NU901-2008-0225] GR - Olympie : Socles des Zanes situés à l'aplomb du mur de soutènement de la terrasse des Trésors

 

 

 

Zanes [ 8]

 

Il y avait au pied de la terrasse des trésors 16 statues de Zeus en bronze, les Zanes (forme plurielle du nom Zeus), qui avaient été sculptées grâce au produit des amendes infligées par les juges des Olympiades aux athlètes non respectueux des règlements en vigueur.

 

Les socles nous ont livré de curieuses inscriptions en vers dont quelques-unes indiquent le motif de l'amende. L'un d'eux conserve l'inscription du sculpteur Cléon qui l'exécuta. Leur positionnement, le long de la voie menant au stade, était une forme d’avertissement aux compétiteurs.


Stade antique [10]

 

Avant de pénétrer dans le stade, le spectateur passe sous le passage voûté qui fait suite au portique de l'Echo. Cette voûte date du Ier siècle avant J.-C. Le stade mesure 192,35 mètres, soit 600 pieds antiques, sur 30 mètres. La légende raconte que c'est Héraclès qui décida de la longueur du stade en prenant son pied comme mesure. Le départ des courses pouvait se faire soit à l'Ouest, soit à l'Est, comme semblent le prouver, aux deux extrémités du stade, des séries de dalles striées où les coureurs prenaient leurs marques. Tout autour du stade court un long caniveau ponctué de petits bassins où les spectateurs pouvaient boire lors des très grandes chaleurs et éviter ainsi de mourir d'insolation. Les talus ne portaient pas de gradins et l'on pouvait y loger jusqu'à 35 000 spectateurs. On peut cependant distinguer un ensemble de quelques gradins sur le talus Sud : ils étaient réservés aux Hellanodices (juges de la compétition). En face se trouvait un autel à Déméter Chamyné près duquel était assise la prêtresse de la déesse, seule femme à pouvoir assister aux Jeux.


Thermes du Nord (dits du Kronion) [ 0]

 

Créés au deuxième siècle avant Jésus-Christ, les thermes du Kronion n’ont pas gardé grand-chose de l’époque hellénistique, sans cesse agrandis, modifiés, décorés. À la fin du troisième siècle de notre ère, un fort tremblement de terre a presque tout détruit, et, réparés ou rebâtis, ils ont retrouvé leurs fonctions, jusqu’à ce qu’au cinquième siècle les derniers aménagements qu’ils aient subi en fassent un centre agricole.


Pêle-mêle


Sources

 

Textes :

Ancienne Olympie, le berceau des jeux olympiques, ioa.org.gr

Le site d'Olympie, thierry.jamard.over-blog.com

Lieux sacrés - Olympie, lieuxsacres.canalblog.com

Olympie, le site archéologique et les musées, Olympia Vikatou, Ekdotike Athenon SA, 2006

Site archéologique d'Olympie, whc.unesco.org

Site antique d'Olympie, petitfute.com

 

Textes/Plans :

La statue de Zeus, merveilles-du-monde.com

 

Plans :

Olympia, jeanclaudegolvin.com

Olympia Matroon 320 BC, greekdorictemples.com

Plan Olympia sanctuary-fr, commons.wikimedia.org

Temple d'Héra - Olympia, arthistoryresources.net

 

Photos numériques :  2008