Ayía Nápa (Agía Nápa ou Aya Napa) est une localité touristique du district de Famagouste située sur la côte Sud-Est de l’île de Chypre. Elle est à 41 kilomètres de Larnaca, à 86 kilomètres de Nicosie, à 129 kilomètres du site archéologique de Kourion et à 179 kilomètres du site archéologique de Paphos, de la Basilique paléochrétienne Panayia Chrysopolitissa et de l'église Agia Paraskevi à Yeroskipou.

 

La légende d'Agía Nápa

A l'emplacement du village actuel il n'y avait autrefois que des forêts. Mais un jour, au XI° siècle, un chasseur qui poursuivait un lièvre vit son chien disparaître. Ce dernier avait découvert involontairement une grotte que le chasseur entreprit de visiter. A sa grande surprise, il y découvrit une icône de la Vierge Marie  qui avait sans doute été dissimulée par des chrétiens persécutés durant le VIII° siècle. On lui donna le nom de Vierge Marie d'Agía Nápa.



Monastère d'Agia Napa

 

Son origine repose, comme bien souvent, sur une légende. Après la découverte de l'icône de la Vierge Marie, la nouvelle de l'événement se répandit rapidement dans cette contrée peuplée de croyants. Une jeune aristocrate vénitienne de Famagouste apprit l'existence de ce lieu où des pèlerins avaient déjà érigé une chapelle. Déçue par le monde, la jeune femme décida de s'y retirer ; elle fit construire un monastère, un pressoir à olives, un moulin et, comme elle était catholique, elle fit construire une deuxième église. La cour intérieure du cloître est bordée sur trois côtés de galerie à arcades. Une paix bienfaisante règne dans ce lieu. A l'extrémité Sud se trouve une fontaine où l'eau jaillit d'une tête de verrat. Celle-ci, installée au XVI° siècle, serait d'origine romaine. Le bassin d'une fontaine octogonale en marbre, situé sous un grand auvent à coupole, au centre de la cour, dispense une délicieuse fraicheur. On remarquera la décoration de guirlandes et de portraits parmi lesquels figurent ceux de la fondatrice et de ses parents. L'église du monastère au portail insolite est en partie creusée dans le rocher. Dans la partie orientale du monastère se trouve une chapelle catholique.


Ayía Nápa tire son nom d'un monastère médiéval du centre-ville (qui était alors entourée de forêts). Ses lignes délicates sont l’œuvre des architectes vénitiens qui l'édifièrent vers 1500 pour en faire un couvent catholique, sur le site d'un premier monastère élevé au XIV° siècle. Tout d'abord réservé aux nonnes, il devint un monastère pour hommes en 1668. Le monastère devint orthodoxe après l'occupation ottomane. Il est devenu, depuis 1978, Centre œcuménique de conférence de l’Église orthodoxe. Le cloître constitue la partie la plus remarquable, avec les arches de sa jolie cour intérieure et sa remarquable fontaine octogonale surmontée d'un dôme de pierre. L'église, en partie souterraine, contient une petite chapelle.


 

On remarquera également la source qui s'échappe du groin du sanglier en marbre, et qui marque l'arrivée d'une très ancienne irrigation par l'aqueduc romain.


 

A la sortie de l'église, devant la porte Sud, deux grands sycomores sont plantés là, dit-on, depuis la toute première construction du XIV° siècle.

 

“Le sycomore d’Égypte, écrit l’architecte français Pascal Coste (1787-1879), acquiert une grande élévation et une grosseur comme nos chênes ; ses branches sont très étendues ; son fruit ressemble à la figue d’une couleur jaunâtre, d’une saveur douce, mais d’un goût peu délicat, naissant sur les branches, ainsi que sur le tronc, par touffes. Son bois était regardé par les anciens comme incorruptible. Les caisses renfermant les momies égyptiennes sont faites de ce bois. Les Égyptiens en faisaient encore des statues et des stèles funéraires.” (Pascal Coste, toutes les Égypte, éditions Parenthèses, 1998)

Dans l’Égypte ancienne, le sycomore est appelé “figuier des pharaons”. Il est connu pour être imputrescible, “excellent pour résister à l’eau aussi bien qu’à l’air”. D’autres historiens le qualifient de “facile à travailler, mais peu durable et assez médiocre par rapport à d’autres bois”. Pour cette raison, il était utilisé pour la fabrication de mobiliers, manches d'outils, bibelots… mais aussi et surtout de sarcophages.

 

Dans ce dernier cas, pourquoi ne pas voir une réelle symbolique ? Le sycomore n’était-il pas considéré comme un arbre sacré, au point d’être parfois assimilé à une divinité protectrice ?
Dans la tombe de Thoutmôsis III (KV 34), Isis est représentée comme un arbre aux branches musclées (un sycomore), donnant le sein au pharaon défunt.


Aqueduc d'Agia Napa


C'est l'un des rares monuments anciens et préservés d'Agia Napa. Il permettait d'alimenter en eau le monastère et la région. La partie la plus visible se trouve à l'Ouest du monastère, près de de la chapelle d'Agia Thekla. Ses origines remontent à l'époque romaine. Mais l'ouvrage d'aujourd'hui est le résultat de profondes modifications apportées pendant la période franque. Récemment restauré, il s'étend du cap Pyla au cap Greko.

 

Sa construction est sophistiquée et complexe. Notons que, pour en assurer la bonne exploitation, de tout temps, un entretien régulier devait être assuré tant pour réparer les dégradations ponctuelles que pour enlever l'accumulation de produits chimiques tel le carbonate de calcium qui se produit naturellement dans l'eau.


En s'appuyant sur le principe de la gravité, il approvisionnait le monastère et de là, ses environs. A son arrivée, il alimentait primitivement un énorme réservoir construit sous le sycomore. Au XVI° siècle, une fontaine en forme de tête de verrat a été installée dans la cour du monastère.


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Sources

 

Textes :

Infos Chypre > Ayia Napa, otentic.com

Le sycomore, "figuier des pharaons", arbre de vie, egyptophile.blogspot.com

Monastère d'Agia Napa, petitfute.com

Chypre 2016/2017, Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Petit Futé

 

 

Photos numériques :  2012