Ostuni est une ville italienne de la province de Brindisi, dans les Pouilles. Elle est surnommée « la ville blanche » en raison de la couleur des façades de ses maisons.
La cathédrale de l'Assomption (Basilica Minore ou Concattedrale di Santa Maria Assunta) se dresse au sommet de la colline la plus haute. Sa construction a été entamée en 1435 sous l’évêque Nicola Arpone, représenté aux pieds de la vierge Marie dans le tympan du portail principal, et ne fut probablement achevée qu’au début du XVI° siècle.

Duomo Santa Maria Assunta
La co-cathédrale, dédiée à Santa Maria Assunta, fut déclarée monument national en 1902 par le roi Victor-Emmanuel III. Sa construction débuta sous l'épiscopat de Nicola Arpone (1437-1470), représenté aux pieds de la Vierge dans la lunette de l'entrée principale. Elle n'était pas encore achevée en 1495 et ne le fut probablement que durant les deux premières décennies du siècle suivant.
Sa façade, finement sculptée dans la seconde moitié du XV° siècle par des tailleurs de pierre dirigés par l'architecte Giovanni Lombardo et le maître sculpteur Pietro Fasano, semble s'inspirer de celle de l'église Santa Maria Jemale de Milan, où repose l'époux d'Isabelle d'Aragon, duchesse de Bari et dame d'Ostuni. Isabelle vécut un temps dans ce palais, aujourd'hui palais épiscopal, presque en exil. On pense qu'elle servit de modèle pour la façade, ou du moins pour le pignon curviligne repris plus tard dans l'église de Mottola.
Sa façade Ouest, mêlant des éléments gothiques et une persistance romane, divisée en trois parties par de fins pilastres, a pour point d'appui, pourrait-on dire, la grande rosace centrale d'où émane la lumière du Christ Sauveur du Monde entouré de sept chérubins.
Façade Ouest
La grande rosace de la façade de la Concattedrale di Santa Maria Assunta est sans doute l’un des plus beaux chefs-d’œuvre du gothique des Pouilles — et probablement l’élément le plus célèbre de tout l’édifice.
Ce qui frappe d’abord, c’est son extraordinaire complexité sculptée : la pierre semble presque transformée en dentelle, les cercles concentriques donnent une impression de mouvement cosmique, et l’ensemble rayonne littéralement depuis le centre.
La rosace appartient au gothique flamboyant tardif des XV°-XVI° siècles, mais avec une sensibilité très méridionale : moins verticale que les grandes rosaces françaises, plus solaire et
ornementale, presque méditerranéenne dans son rapport à la lumière.
Le programme symbolique est particulièrement riche.
Au centre figure le Christ Sauveur (Salvator Mundi), tenant le globe du monde. Autour de lui s’organisent plusieurs anneaux symboliques : 7 chérubins, 12 divisions évoquant les apôtres ou les mois, puis 24 rayons extérieurs.
Cette numérologie semble volontaire : 24 rayons → les 24 heures, 12 divisions → les 12 mois ou les apôtres, 7 chérubins → les 7 jours de la Création.
Autrement dit, la rosace fonctionne presque comme une image du cosmos chrétien : le Christ au centre du temps, l’univers ordonné autour de lui, la lumière divine diffusée vers le monde. Et
symboliquement, placer cette immense roue cosmique au-dessus du portail n’est évidemment pas anodin : le fidèle entre dans l’église en passant sous un univers ordonné par le Christ. (*)
Les plafonds de la Cathédrale d'Ostuni constituent l’un des éléments les plus surprenants de l’édifice. On entre dans une cathédrale gothique tardive à façade médiévale… mais l’intérieur, lui, a été profondément «baroquisé» aux XVII°-XVIII° siècles. Le regard est donc immédiatement happé vers le haut.
Le plafond de la nef
Le grand plafond peint et stuqué de la nef centrale date essentiellement du début du XVIII° siècle, autour de 1720. Il est composé de grandes scènes de la vie du Christ encadrées par des stucs
dorés très théâtraux.
Trois grands épisodes y ont été identifiés : le Christ parmi les docteurs du Temple, la Chasse des marchands du Temple, le Christ et la femme adultère. Ces choix mettent en avant la sagesse du
Christ, sa purification du Temple et sa miséricorde. (*)
Plafond du transept
Cet ensemble date du milieu du XVIII° siècle et a été commissionné par l’évêque Cono Luchino del Verme (1720 - 1747)
Les trois scènes représentées évoquent le martyre de saint Blaise, la guérison miraculeuse d'un paralytique, la prédication de saint Orontius. Saint Blaise est l'ancien patron d'Ostuni. La guérison miraculeuse d’un paralytique est typique des cycles hagiographiques destinés à montrer le pouvoir thaumaturgique du saint. Saint Oronce est le grand évangélisateur traditionnel du Salento et l’un des patrons majeurs d’Ostuni. (*)
Ces trois épisodes correspondent à l’iconographie des saints protecteurs d’Ostuni.
1. Le martyre de saint Blaise (San Biagio)
→ normal dans une cathédrale où saint Blaise est ancien patron de la ville.
Son martyre est un thème très fréquent dans l’art baroque méridional : supplice, décapitation ou instru-ments de torture liés aux peignes de fer.
2. La guérison miraculeuse d’un paralytique
→ cette scène est typique des cycles hagiographiques destinés à montrer le pouvoir thaumaturgique du saint.
Elle pourrait concerner saint Oronce (Orontius) ou saint Blaise selon les attributs visibles. Dans l’art des Pouilles, les miracles de guérison servent souvent de transition entre prédication et
glorification céleste.
3. La prédication de saint Oronce (Sant’Oronzo)
→ très logique également : saint Oronce est le grand évangélisateur traditionnel du Salento et l’un des patrons majeurs d’Ostuni.
Dans l’iconographie locale, il apparaît fréquemment en évêque missionnaire prêchant à une foule.
Ce qui est intéressant, c’est que ce plafond semble fonctionner comme un véritable programme civique et religieux : saint Blaise = ancien protecteur, saint Oronce = protecteur majeur de la région, miracle = preuve visible de leur puissance d’intercession.
On est donc moins dans un simple décor biblique que dans une affirmation de l’identité religieuse d’Ostuni au XVIII° siècle, époque où l’intérieur de la cathédrale fut
profondément baroquisé.
La disposition dans la croisée du transept n’est probablement pas anodine non plus car la croisée est le cœur symbolique de l’édifice, l’intersection de la nef et du transept, et y placer les
saints protecteurs revient à placer la ville sous leur protection directe. Et cela complète très bien le grand plafond de la nef, consacré lui davantage à des scènes de la vie du Christ. (*)
![[NU929-2025-0958a] Ostuni - Duomo : Fresque de la Découverte de la vraie Croix (XVI°)](https://image.jimcdn.com/app/cms/image/transf/dimension=445x1024:format=jpg/path/sea01886a183f012c/image/id320abaa1e5b84f8/version/1780413289/nu929-2025-0958a-ostuni-duomo-fresque-de-la-d%C3%A9couverte-de-la-vraie-croix-xvi.jpg)
Chapelle de la Sainte-Croix
Fresque de la Découverte de la vraie Croix
Dans le Duomo d'Ostuni, la chapelle de la Sainte-Croix se trouve dans la nef gauche, en avançant depuis l’entrée principale vers le transept. La fresque de la Découverte de la Vraie Croix par sainte Hélène est peinte sur le mur de cette chapelle latérale et constitue l’un des rares témoignages conservés du décor Renaissance de l’édifice.
La grande fresque est superposée à une couche picturale sous-jacente, probablement liée au caractère auquel fait référence la longue inscription dédicatoire, difficile à lire aujourd’hui. Celle-ci commémore le fondateur du bénéfice de la Sainte-Croix, l’abbé Riccardo de Lacu, qui vécut dans la seconde moitié du XV° siècle, que ses descendants voulaient voir représenter agenouillé dans la marge inférieure de la peinture murale à côté des armoiries familiales.
Cette fresque, peinte dans la seconde moitié du XVI° siècle, représente la découverte par l’impératrice Hélène, mère de Constantin, de la Vraie Croix parmi les nombreuses accumulées sur le Golgotha.
Sur le côté droit de la fresque, à l’intérieur des niches, sont représentés, de haut en bas, Saint Étienne, Saint Antoine de Padoue puis Sainte Catherine d’Alexandrie.

Relief médiéval remployé, côté Place du Duomo, dans le mur Sud de l'ancien palais épiscopal d'Ostuni situé perpendiculairement à la façade du Duomo.
Sa composition symétrique associant figures humaines et motifs végétaux ne permet pas une identification certaine.
Il pourrait s'agir d'un fragment décoratif ou symbolique provenant d'un édifice antérieur, conservé et mis en valeur lors d'une reconstruction ultérieure. (*)
La flèche ou colonne de Sant'Oronzo (Piazza della Liberta)
Cette flèche baroque de 21 mètres de hauteur a été érigée en 1771 par Giuseppe Greco, sur le modèle de l'obélisque de l'Immaculée de la Piazza Oberdan de Naples (1747). Elle est surmontée de la statue de saint Oronzo, patron de la ville, qui protégea celle-ci d'une épidémie de peste en 1740 (saint Oronzo est aussi le saint protecteur de Lecce). La structure à la décoration exubérante est ornée de putti présentant des inscriptions dédicatoires et porte, à mi-hauteur, sur les quatre angles, les statues de quatre saints, Blaise (Biagio), Irène, Gaétan et Lucie.
L’inscription visible sur le cartouche tenu par deux putti se lit, avec quelques abréviations et une orthographe latine un peu irrégulière :
DIVO ORONTIO PATRONO IN OBSEQUIUM CIVES ET POPULUS DICARUNT ANNO MDCCLXXI
Une traduction assez fidèle serait :
« Au divin Oronce (Saint Oronce), patron de la cité, les citoyens et le peuple ont dédié [ce monument] en témoignage de leur déférence (ou de leur dévotion), l’an 1771. »
Cette inscription n’est pas seulement dédicatoire ; elle constitue une profession de gratitude collective. La colonne de Sant’Oronzo fut élevée par les habitants
d’Ostuni pour remercier leur saint protecteur, auquel la tradition attribuait la délivrance de la ville lors des épidémies et calamités (peste, famine, maladies) qui avaient
frappé le Salento aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.
Ainsi, cette petite inscription est en réalité la formule officielle de consécration du monument : la cité tout entière offre la colonne à son saint patron comme témoignage durable de reconnaissance. Elle s’inscrit parfaitement dans la culture baroque méridionale, où les grandes « guglie » (flèches) votives devaient rendre visible, au cœur de la place publique, le lien entre la communauté et son protecteur céleste. (*)
Sources
Textes :
Obelisco di Sant'Oronzo, petitfute.com
Ostuni, fr.wikipedia.org
(*) Réponses à des questions sur le Duomo d'Ostuni, ChatGPT (05 et 06/2026)
Signalétique locale
Plan :
Ostuni Planimetria Cattedrale, brindisiweb.it
Photos numériques : 2025